ENFANTS DISPARUS
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Ci-dessus publication dans le cadre de la journée internationale des enfants disparus 25 mai 2025
Mathieu HAULBERT - DISPARU EN CHEMIN
Un mystère de quarante ans sur la route Napoléon
Le 26 février 2026, les éditions Mareuil publient « Disparu en chemin », un livre-enquête de la journaliste Laetitia Sariroglou qui plonge dans l’une des affaires criminelles les plus énigmatiques du sud de la France : la disparition de Mathieu Haulbert. Quarante ans après les faits, ce mystère non élucidé, profondément ancré dans la mémoire locale de la vallée du Verdon, trouve un écho troublant avec la disparition récente du petit Émile Soleil.
Un fiasco judiciaire et le combat d’une famille
« Disparu en chemin » met en lumière ce qui est décrit comme un véritable fiasco judiciaire. L’autrice détaille les failles successives du système qui ont empêché la manifestation de la vérité : un faux alibi découvert bien trop tardivement, une instruction jugée lacunaire, des scellés cruciaux égarés, des témoins aux souvenirs défaillants. Ces manquements ont culminé lors d’un procès chaotique en 1992, qui s’est soldé par un acquittement au bénéfice du doute, laissant la famille sans la moindre réponse.
Quatrième de couverture
En 1983, Mathieu, 10 ans, disparaît dans le Verdon alors qu’il accompagne une transhumance. Depuis près de cinquante ans, la famille Haulbert cherche des réponses. Après des années d’enquête, un voisin, Tarzan, est accusé, jugé en 1992, puis acquitté. Le dossier, rouvert en 1993, est confié en 2023 au pôle des affaires non élucidées de Nanterre. La journaliste retrace l'ensemble de l'affaire.
Depuis près d'un demi-siècle, Lise et Philippe Haulbert cherchent leur fils et des réponses.
Le premier jour des vacances d'été 1983, Mathieu, 10 ans, se volatilise. Il était alors en chemin sur la route Napoléon, qui traverse la vallée du Verdon, pour accompagner une transhumance.
Après cinq ans à envisager de multiples pistes, l'enquête a rebondi avec la mise en cause d'un voisin, Tarzan, lâché par " son alibi ", son habituel partenaire de boules. Tarzan, " l'enfant du pays ", a été incarcéré, jugé, puis acquitté au bénéfice du doute à l'issue d'un procès plein de surprises en 1992. L'année suivante, la justice a rouvert le dossier et a fini, trente ans plus tard, par le confier au pôle des affaires non élucidées de Nanterre.
Dans ce document, Laetitia Sariroglou retranscrit tout. L'enquête, ses multiples rebondissements, l'atmosphère du village, la personnalité des suspects, celle d'un enquêteur particulièrement chevronné, mais surtout le courage et l'endurance des époux Haulbert.
Disparu en chemin raconte le périple de cette famille endeuillée, son acharnement à étirer le temps pour éviter le couperet de la prescription, et surtout sa résilience. Car une disparition, c'est un crime sans cadavre ni coupable. Elle entretient l'espoir, mais consume à petit feu. C'est la pire des épreuves pour des parents qui ne pourront jamais faire leur deuil.
SORTIE 26 FEVRIER 2026
AVIS D'UN LECTEUR QUI A ETE ACTEUR SUR UNE PARTIE DE CE DOSSIER
Ce livre est très bien écrit. L'auteure a réalisé un très important travail sur une disparition d'enfant datant de plus de 40 ans.
Une seule remarque ou "curiosité" le nom de tous les protagonistes est indiqué sauf deux noms. Il s'agit de 2 gendarmes désignés par : l'homme à la pipe et son binôme.
On se demande bien pourquoi ?
UN NOUVEAU LIVRE SUR NOTAMMENT L'INSTRUCTION ET L'ENQUËTE EST EN COURS DE FINALISATION.
Il sera publié gratuitement (Internet) après la clôture de l'instruction actuelle devant le Pôle des crimes sériels et affaires non résolues de Nanterre. Les premières pages sont publiées plus bas sur ce site.
Ci dessous publication concernant le 25 juin 1983
R.N. 85 - Route Napoléon - entre La Bâtie de Peyroules et La Garde
vers Castellane Alpes de Haute Provence
Affaire Mathieu HAULBERT
Disparu depuis juin 1983 dans les Alpes-de-Haute-Provence
Enquête toujours active au Pôle Cold Case de Nanterre
L'affaire Mathieu Haulbert est une affaire judiciaire concernant un enfant de dix ans, Mathieu Haulbert, disparu le 25 juin 1983 à Peyroules près de Castellane, dans les Alpes-de-Haute-Provence (France). Le dossier n'est pas prescrit.
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Victime
Mathieu est le fils aîné de Lise et Philippe Haulbert, domiciliés à Peyroules. C'est un garçon brun, âgé de dix ans lors de sa disparition le 25 juin 1983.
Circonstances
Le 25 juin 1983, un samedi après-midi, Mathieu quitte le hameau de la Bâtie, près de Castellane (04) pour aller participer avec un ami à sa première transhumance, chez un berger que ses parents connaissent, à environ deux kilomètres de là, par la route nationale 85, la fameuse route Napoléon. Il est vêtu d'un tee-shirt blanc et d'une salopette en jean, bob sur la tête.
À 14 h 30, il dit bonjour en passant à deux camarades de son âge puis à la sortie du village à une amie de la famille. Un automobiliste de passage l'aperçoit. Mais les trois marchands de fossiles et boissons installés toute la journée sur le bord de la route , 300 mètres après le col de Luens, disent ne pas l'avoir vu passer.
Le 22 juillet 1984 deux commerçantes affirment avoir reconnu le petit garçon à Cannes, dans une confiserie, entre 11 h 30 et midi. L'enfant était en compagnie d'un homme. Elles seront entendues plusieurs fois par les gendarmes de la B.R. de Digne, puis de la section de recherches aixoise ainsi que par la juge d'instruction. Enfin ces témoins crédibles seront entendus à la barre de la Cour d'assises en janvier 1992. Ces très importants témoignages, qui restent d'actualité en 2024 / 2025, ne permettront pas d'élucider la disparition pour le moment.
Un jour, les parents de Mathieu reçoivent un appel téléphonique : « Allô ici c'est Mathieu », mais la communication se coupe.
Enquêtes
Gendarmerie de Castellane - Brigade territoriale - Compagnie
La brigade de gendarmerie de Castellane a été saisie dès que la disparition de Mathieu Haulbert a été signalée, le 25 juin 1983 à 23 heures.
Les recherches sur le terrain ont immédiatement commencé.
Un chien pisteur a été mis en œuvre en plus d'importants effectifs.
Le lendemain matin il y avait selon la presse 300 personnes sur le terrain pour les recherches.
Les toutes premières auditions de témoins seront par la suite d'une importance déterminante, mais 4 années plus tard ! Ici le capitaine VINCHENT commandant la compagnie de gendarmerie de Castellane a pris en charge les recherches opérationnelles sur le terrain, pendant que le mdl/chef PONS commandant par intérim la brigade territoriale a pris en compte l'enquête judiciaire, il était impossible de faire plus ou mieux !.
Gendarmerie de Digne - Brigade de Recherches
Le 1er juillet 1983 la brigade de recherches gendarmerie de Digne-les-Bains, commandée par l'adjudant CAMILLERI, est saisie par commission rogatoire de M. Tchalian, le premier juge d'instruction du dossier, La B.R. est chargée de poursuivre l'enquête sous sa direction.
Police nationale -
Office central pour la répression de la traite des êtres humains,
Le 17 mai 1985, Jean-Louis Herail, deuxième juge d'instruction, confie l'affaire à l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains, dépendant de la direction nationale de la police judiciaire à Paris. Ce service va entre autres procéder à des recherches sur l'ensemble du territoire national ainsi qu'à des rapprochements de dossiers et à l'examen d'individus connus des services. Trois personnes seront pour la première fois placées en garde à vue et remises en liberté à l'issue.
Gendarmerie d'Aix-en-Provence - Section-de-Recherches
Aucune de ces trois premières enquêtes ne dégage de véritable piste, les premières hypothèses de travail restent inchangées : enlèvement, accident ou fugue .
Début mars 1987, 4 ans après la disparition, Jean-Louis Herail saisit la section de recherches de la gendarmerie d'Aix-en-Provence. Il sera remplacé par Catherine Muller, elle-même remplacée par épisodes.
Les nouveaux enquêteurs, un binôme désigné par le major Armand Gamba, adjoint au commandant de la S.R, composé du maréchal des logis chef Leclerc et du gendarme Dol reprend l'enquête à zéro. (A1)
( Il est important de retenir que ce binôme va travailler main dans la main de mars 1987 au 31 mai 1988. Le mdl.chef Leclerc promu adjudant est muté le 1er juin 1988 dans un autre service. Il n'aura plus accès au dossier jusqu'à quelques années plus tard (Décembre 1991) lorsqu'il sera cité comme témoin lors d'une cession des assises des A.H.P.
Le gendarme DOL toujours à la sr se voit affecté à une autre enquête.
L'enquête de la S.R. est donc ce 1er juin 1988 décapitée et ce en plein milieu d'e la perquisition au domicile de Georges LAUGIER , une perquisition qui va s'étendre sur 2 semaines à Peyroules (Nous en reparlerons).
Un autre binôme qui semble au vu des procédures composé d'un major Bernard GONZALEZ et d'un mdl chef Evelyn BODET lui nouvellement affecté à la S.R. va prendre la responsabilité de la suite des investigations jusqu'à la clôture, selon le pv de synthèse au nom de Loïc CORMIER qui se déclare donc comme étant le directeur de l'ensemble de l'enquête confiée à la SR, soit du 3 mars 1987 au 29 décembre 1988. Loïc CORMIER est chef d'escadron commandant la section de recherches aixoise
( A1) L'hypothèse criminelle est à ce stade priorisée, mais une fugue qui aurait bifurqué sur autre chose reste envisagée, celle d'un accident causé par un automobiliste de passage qui aurait emmené l'enfant aussi, bien que peu probable. De même l'hypothèse d'un prédateur de passage, totalement étranger à la région est impossible à exclure les exemples sont malheureusement nombreux comme Delphine BOULAY, plus près de nous LINA ou ESTELLE .
En fait aucune hypothèse n'est et ne sera exclue, au moins jusqu'au 31 mai 1988 ! A partir du 1er juin 1988 les nouveaux enquêteurs semblent avoir pris une autre direction, avec l'élimination apparente de certaines hypothèses. . ( Les hypothèses jetées aux oubliettes seront cependant citées à la barre de la Cour d'assises de Digne les Bains en janvier 1992. Un supplément d'information sera demandé mais refusé par le président. ). Ceci provoquera néanmoins la réouverture de l'instruction le 30 juin 1993, puis la saisine du pôle Cold case en 2022 !.
Ces hypothèses sont enregistrées dans un journal de marche, tenu par le premier binôme.
L'hypothèse d'une fugue a été retenue en raison d'éléments concrets actés en procédure. En effet, Mathieu, lorsqu'il a rencontré les 3 personnes au début de son itinéraire, deux camarades et une amie de la famille, n'a jamais dit qu'il se rendait en transhumance, il a parlé de l'anniversaire d'un copain, mais aucun anniversaire compatible n'a été identifié. Le fouet qu'il avait confectionné pour la transhumance a été retrouvé 150 mètres après la maison parentale, bien avant l'embranchement sur la route nationale 85 ou l'enfant a été vu par des témoins. De plus un incident notable s'était produit le matin même.
Un garagiste pense avoir aperçu Mathieu sur son itinéraire prévu vers " La Garde" . Trois cents mètres plus loin sur la route, 3 marchands de fossiles et boissons sont installés pour la journée en bordure de la nationale. Ils disent n’avoir jamais vu Mathieu passer . En l’espace de quelques centaines de mètres, l’enfant s’est volatilisé. Les 3 témoins ont été entendus dans le cadre d'une garde à vue par les policiers de l'Office central pour la répression de la traite des êtres humains et laissés libres à l'issue.
Peu avant sa disparition, dans la soirée, Mathieu accompagne son père à un tournoi de ping-pong à Castellane. Le petit garçon s'absente et tarde à revenir jusqu’à ce qu’il réapparaisse. Il discutait avec une personne non identifiée, qui faisait le tour d’Europe à vélo.
INTERPOL ( B.C.N. France ) a été chargé de poursuivre les investigations aux États Unis auprès de Sébastien B. un camarade de Mathieu, pour tenter de recueillir des informations. La réponse n'a pas permise de progresser, sauf pour "fermer des portes".
Le binôme d'enquêteurs désignés en mars 1987 a été remplacé le 1er juin 1988, pour raisons de service (B), par d'autres officiers de police judiciaire de la même unité.
(B) Le mdl/chef LECLERC promu adjudant est muté, sa demande de maintien sur place pour continuer l'enquête n'est pas acceptée. Le gendarme DOL reste affecté à la SR d'AIX/Pce mais sur un autre dossier !
Le 29 décembre 1988 l'enquête est clôturée et transmise au magistrat instructeur.
Toutefois cette instruction sera poursuivie, en 1989, 1990 .... par de nouvelles saisines de, notamment la section de recherches de Marseille, par la constitution d'un nouveau binôme d' O P J . Des procès-verbaux de synthèse et des pièces diverses seront établies et transmises au juge d'instruction.
Enquête séparée du Bureau des Enquêtes et des Contrôles de la Gendarmerie (Inspection technique DGGN )
Parallèlement au dossier d'instruction 2 enquêtes séparées ont été menées sur un volet de l'affaire Mathieu Haulbert . Il s'agit d'examiner les déclarations de Christian MARECHAL, témoin à la barre de la Cour d'Assises de Digne-les-Bains, à la suite des plaintes déposées contre lui par un gendarme. Ces 2 enquêtes "préliminaires" hors instruction ont permis d'établir la totale vérité sur un des épisodes très médiatisé . ( Il s'agit des P.V. N° 61 et 62 du Bureau des Enquêtes et des Contrôles de la Gendarmerie d' ARCUEIL (A l'époque ) Episode qui sera traité dans un autre chapitre ) Christian Marechal s'était plaint à la barre de la cour d'assises d'avoir été interrogé pendant 3 heures, debout sur un trottoir à Cannes par des gendarmes qui auraient aux dires du témoin exercés des pressions pour obtenir un témoignage sur un point particulier.
A SUIVRE
Eléments matériels, preuves ou indices, expertises
Le 2 décembre 1987 M. GRAFEILLE Jean-Marie , requis par le juge d'instruction Jean-Louis HERAIL pour notamment procéder à des prélèvements pour micro-analyses, physico-chimiques et sanguins débute ses opérations à 14 heures dans le véhicule Citroën D.S 23 appartenant à Georges Laugier . Il est accompagné du Mdl/chef Leclerc et du gendarme Dol. Le propriétaire n'ayant pu être joint 2 témoins requis, Roger N. Annie C..A. assistent aux opérations
L'ingénieur procède dans l'ensemble du véhicule avec un matériel adapté comme un laser. Il découvre et décide de prélever divers objets ou vêtements, notamment : - 3 cheveux, un petit tissu pouvant être un sparadrap, une boîte de rustines Tip Top pour cycles .
Le juge d'instruction Jean-Louis Herail délivre le 15 décembre 1987 une ordonnance de commission d'experts au CARME et une autre, le 24 décembre 1987 au laboratoire d'hématologie du docteur Christian Doutremepuich de Bordeaux
Il sera révélé aux assises de Digne que les cheveux peuvent s'être trouvés dans le véhicule par transfert, que le sparadrap pourrait être celui de Mathieu ou de tout autre, pas d'ADN à l'époque, et qu'il n'y a pas de sang sur la boîte de rustines confiée au laboratoire d'hématologie .
Cette boîte de rustines prendra toute son importance aux assises. Il sera exposé par le Mdl/chef LECLERC, que le père de Mathieu avait déclaré que son fils disposait d'une boîte similaire de la même marque TIP TOP.
Que l'enfant réparait lui-même les crevaisons sur son vélo .
Le Mdl/chef (promu adjudant entre temps) a ajouté qu'il était possible de procéder à une expertise entre les rustines contenues dans la boîte et celles sur les chambres à air de la bicyclette . Cette idée d'expertise des rustines a été entendue par le Président qui interrogera à ce sujet Mr DOUTREMEPUICH, qui lui répondra, que son domaine à lui c'est le sang.
COUR D'ASSISES de DIGNE-les-BAINS
Procès de Georges Laugier - Janvier 1992
En mai 1988, un habitant de Peyroules, Georges Laugier, qui avait produit un faux alibi, est placé en détention provisoire.
Le procès devant la cour d'assises départementale de Digne-les-Bains s'est tenu du mardi 14 au vendredi 17 janvier 1992. Il a été émaillé, outre d'un déplacement de la Cour sur les lieux de la disparition, de rebondissements multiples ainsi que d'un coup de théâtre retentissant.
Le témoin clé de l'accusation C. Maréchal, qui est aussi celui qui avait fourni un alibi à Georges Laugier sur sa demande, s'est en partie rétracté. Il a néanmoins déclaré à la barre et ceci est publié dans la presse : -
"En 1983 Laugier m'a dit pour le petit Mathieu je suis dans le coup. Tu ne changes rien à ce que tu as dit " -
Ce témoin déclare également qu'il n'est pas homosexuel, contrairement ses premières dépositions. Il affirme avoir subi des pressions de la part des gendarmes pour le dire. Il explique avoir été entendu pendant 3 heures par des gendarmes aixois, sur un trottoir à Cannes.
Ce rebondissement majeur ne sera pas approfondi lors de l'examen des faits aux assises.
Un gendarme mis en cause par Christian Maréchal va dès le premier jour ouvrable après les assises déposer une plainte contre le témoin.
Un service parisien ( B.E.C.) sera chargé d'enquêter et va établir la vérité sur cet entretien cannois.
Les mdl/chefs Gérard C. et Albert T. ont bien entendu Cristian Maréchal sur ce trottoir de Cannes, mais en informant téléphoniquement la juge d'instruction qui a aussitôt convoqué dans les jours suivant le témoin Christian Maréchal à Digne pour l'entendre, ce qui a été fait.
Toutefois les 2 gendarmes concernés ont manifestement commis une grave irrégularité en n'établissant aucune pièce de procédure alors que c'était, de par les textes, obligatoire.
La trace de cet entretien est enregistrée dans le cahier de service de la S.R. d'Aix-en-Provence et plus précisément dans un bulletin de service n° 003 du 2 juin 1988.
Une date d'une particulière importance puisque le binôme de gendarmes saisis le 3mars 1987 ne participait plus à l'enquête depuis le 31 mai 1988. Cette pour le moins curieuse opération, se trouve donc dans la sphère de compétence et de responsabilité du second binôme .
Le mdl/chef - Adjudant L. injustement mis en cause a obtenu la condamnation de l'Etat à lui verser 50 000 francs de dommages et intérêts en réparation de son préjudice. Sur appel de l'Etat, l'Etat a été condamné une seconde fois à payer 5000 francs de plus pour les frais de procédure.
Les charges sont jugées trop faibles et il est acquitté.
Reprise des investigations.
En juin 1993, la chambre d'accusation de la cour d'appel d'Aix-en-Provence ordonne la réouverture de l'information suivie du chef d'enlèvement par fraude ou violence d'un mineur de quinze ans , des chefs de séquestration de personne et complicité ainsi que du chef de recel de cadavre .
La section de recherches de Marseille est saisie du dossier.
Un lien intellectuel ayant été noté dans les années 1987/88 entre la disparition de Mathieu Haulbert et une secte , une vaste opération s'est déroulée le vendredi 30 mai 1997 - en Belgique, conjointement à une opération menée en France, au sein de l’association "Oygyen Kunzang Choling" (OKC).
Les perquisitions ordonnées par le juge d'instruction de Bruxelles Jean-Claude Leys sont basées sur deux dossiers. Le premier concerne des faits de chantage et d'escroquerie, le second, initié par l'auditorat du travail, est relatif à des infractions à la législation sociale et à la traite des êtres humains, a indiqué le porte-parole de la gendarmerie belge à l'issue des perquisitions .
En France, la police judiciaire est descendue sur le site de la secte Oygyen Kunzang Choling (OKC), à Castellane ( Trigance) (Alpes-de-Haute-Provence).
Les gendarmes, qui ont visité le site de "Château soleil", où sont rassemblés une quinzaine d'adeptes de la secte et une vingtaine d'enfants, sont intervenus sur commission rogatoire du juge d'instruction de Digne-les-Bains délivrée après une plainte déposée en juin 1996 pour "non assistance à personne en danger et blessures involontaires" par la famille d'un adepte.
D'importants moyens ont été engagés par le Groupement de la gendarmerie des Alpes-de-Haute-Provence, appuyés de plusieurs hélicoptères. "Les auditions des personnes présentes sur le site, les perquisitions et les visites détaillées de la propriété permettent de déterminer les conditions de vie des adeptes de cette communauté", ont précisé les gendarmes français.
Aucun élément permettant d’éclairer la disparition du petit Mathieu Haulbert ne semble avoir été découvert pendant les opérations décrites mais réalisées plus de 10 années après la disparition de l'enfant et plusieurs années après les assises, alors que cette opération était préparée entre mars 87 eu le 31 mai 1988!
25 ans après le scandale, mêlant extorsion de fonds et abus sexuels, les agissements de la secte bouddhiste OKC reviennent devant la justice belge, à l’occasion de faits remontant aux années 1980, ayant notamment eu pour cadre un manoir de Castellane (sud-est France) . En 2016, en correctionnelle à Bruxelles , Robert Spatz, fondateur de la secte « Ogyen Kunzang Choling » avait été condamné à quatre ans de prison avec sursis, notamment pour « prise d’otage de mineurs » et « abus sexuels sur mineurs », rappelait jeudi le quotidien Le Soir. en 2018, les poursuites avaient été déclarées irrecevables en raison de plusieurs irrégularités relevées lors de l’audience de première instance. Le dossier revient devant une autre cour d’appel, à Liège, car la Cour de cassation a anéanti cet arrêt prononcé à Bruxelles il y a deux ans
En 2022, après l'ouverture au tribunal judiciaire de Nanterre du Pôle des crimes sériels et affaires non élucidées (ou pôle « cold cases »), le parquet de Nanterre décide de reprendre les investigations.
Autres disparitions, rapprochements
Un rapprochement est fait sans résultat positif, avec la disparition d'un autre garçon de 13 ans, John Berthe en date du 3 novembre 1982 à Théoule-sur-Mer (Alpes maritimes) L'enfant avait quitté son domicile en vélo cross non retrouvé de marque Cinzia de couleur rouge.
Le 30 juillet 1983 une tentative d'enlèvement d'un enfant hollandais, âgé de 9 ans est signalée à Trigance (Var). L'auteur sera identifié et entendu par les gendarmes de la brigade de recherches de Draguignan, en région parisienne . L'enquête en crime flagrant est poursuivie sur commission rogatoire du 10 août 1983 de Georges Maman, juge d'instruction au TGI de Draguignan chargé d'informer contre X inculpé de tentative d'enlèvement de mineur de 15 ans. ( Il faudra attendre plus de 4 années avant qu'un rapprochement ne se trouve réalisé par le 1er binôme enquêtant sur la disparition de Mathieu Haulbert mais le 2ème binôme semble avoir éliminée l'hypothèse sans explication et l'homme pourtant entré dans la procédure ne sera pas entendu à la date de l'ouverture des assises en janvier 1992 ! ) L'environnement de cet homme a été commencé pour tenter de localiser sa position géographique en juin 1983, à partir de 2 réquisitions au répertoire des comptes bancaires. Se trouvait il en P.A.C.A ou avait il rejoint son domicile en région parisienne, non loin de la Défense ou a disparu Jérôme Cantet. Une chose est certaine son audition était pour le moins absolument obligatoire. Il n'est pas impossible de s'interroger sur ce raisonnement peut être erroné, mais il y avait un suspect devenu inculpé qui à partir notamment d'un comportement fortement incohérent s'est retrouvé accusé mais qui criait son innocence et dehors ! un homme auteur d'une tentative d'enlèvement d'enfant dans la zone de disparition de Mathieu ( Quelques kilomètres ) à qui personne ne va aller demander " l'heure ! " .... Si on y ajoute la perquisition motivée, prévue, chez O K C non réalisée on peut se demander si les enquêteurs du 2 ème binôme de juin 88 ne se sont pas trouvés frappés par l'effet dit "Tunnel" On se focalise sur une seule hypothèse et on passe aux oubliettes les autres ! " On a (Considération d'ordre générale pas forcément lié à ce dossier) un suspect avec une bonne tête de coupable pourquoi aller se compliquer l'existence en ouvrant ou en refermant des portes ? La lecture du pv de synthèse est ici instructive, une seule hypothèse y est traitée !
Le cas de Michel Peyry , surnommé « le sadique de Romont » qui a reconnu plusieurs meurtres d'adolescents, violés puis brûlés notamment en Suisse, en Italie, aux U S A, ainsi qu'en France est remarqué. Il fait l'objet d'une pièce de procédure. Michel Peiry est arrêté le 1er mai 1987 alors qu'il effectuait un cours de répétition (service militaire) à Schangnau dans le canton de Berne . Il purge à ce jour une peine de prison à perpétuité.
Une demande de rapprochement avec d'autres affaires est transmise au Centre de Recherches Judiciaires et de Documentation "S.T.R.J.D." de Rosny-sous-Bois. L'attention du STRJD est attirée sur les disparitions de Mathieu Haulbert et John Berthe avec rappel d'une précédente demande concernant la tentative d'enlèvement d'enfant de Trigance. Le résultat téléphonique, acté en procédure, est négatif
Aujourd'hui le cas notamment de Christian Van GELOVEN est examiné par le pôle Cold case de Nanterre
L'assassin d'enfants Werner Ferrari est mort en prison à 78 ans
Dans les années 1980, une série de 11 meurtres brutaux d’enfants a semé la terreur dans toute la Suisse. Il a fallu neuf ans à la police pour arrêter Werner Ferrari, qui a été reconnu coupable et condamné en 1995 à la prison à vie pour cinq des meurtres. En 2007, il a été acquitté dans l’une des affaires.
Condamné, puis libéré
Werner Ferrari a fait sa première victime en août 1971 à Reinach (BL). Un week-end de fête au village, il abuse du petit Daniel âgé de 10 ans, avant de l'étrangler. Il est rapidement arrêté après s'être intéressé de trop près aux recherches entreprises par les autorités pour retrouver l'enfant.
Condamné à 12 ans de prison en 1972, il est libéré pour bonne conduite en août 1979. Une fois sorti, il recommence à tuer dans les cantons de Zurich, d'Argovie et de Soleure, sans être inquiété par la police, qui n'arrive pas à le démasquer. Il est finalement arrêté en août 1989 après le meurtre d'une fillette.
Werner Ferrari a alors avoué une série d'assassinats d'enfants commis entre 1980 et 1989, qui ont plongé la Suisse dans la peur. Il a toujours nié, cependant, l'un de ces cinq crimes, commis en mai 1980 à Würenlos (AG). En 2003, la Cour suprême argovienne a admis une demande de révision de ce procès. En 2007, le Tribunal de district de Baden a acquitté l'assassin de ce crime-là.
A SUIVRE
( Il est possible de me contacter à cette adresse : [email protected] )
Un officier de police judiciaire agissant sur commission rogatoire, a t-il le droit d'interroger un témoin pendant 3 heures, debout, sur un trottoir, sans pièce de procédure, ni mention dans celle-ci ?, alors que le témoin aurait à ce moment, avoué un mobile possible pour le crime commis.
Nous sommes ici avec une question qui apparait lors du témoignage de Christian MARECHAL à la barre de la cour d'assises de Digne-les-Bains en janvier 1992
SUR L'OBLIGATION DE REDIGER UN PV
Attention il s'agit d'un ancien article ( Posté le vendredi 17 mai 2013) modifié en mai 2023). Le décret organique cité à été abrogé et remplacé par un autre. il convient de rester sur les textes en vigueur à l'époque.
Réponse :
L'enquête peut se faire en tous lieux, mais il est bien entendu que la rédaction d'une pièce de procédure est obligatoire.
Les raisons qui motivent l'établissement des procès-verbaux sont à la fois juridiques et logiques.
Juridiques
Elles découlent de l'article 14 du Code de procédure pénale (C.P.P.) « Pour constater les infractions à la loi pénale, rassembler les preuves... ainsi que toutes les circonstances qui les ont entourées et toutes les traces qu'elles ont laissées », il faut nécessairement établir des procès-verbaux (articles 17, 19, 20, 40 alinéa 2, 62 à 66, 78, 154 du C.P.P.
L'enquêteur a donc une obligation de droit de relater par écrit, sous la forme du procès-verbal, tout acte d'enquête ou d'information.
La Cour de Cassation rappelle ce principe « Tous les actes de l'instruction préalable sont écrits » (Cass crim. 11 avril 1959, Bull. criminel n° 213, page 429) et « ...Les procès-verbaux doivent être considérés comme des actes d'instruction (Cour d'Appel de Pau, 15 février 1967).
A chaque étape du procès-pénal, les magistrats doivent pouvoir s'appuyer sur des éléments exposés et décrits d'une manière claire et parfaite, dans l'ordre chronologique des investigations. Un contrôle de l'action des O.P.J. et A.P.J. doit pouvoir être réalisé (Articles 12, 13, 19-1, 41 al.3, 224 à 230, R 15-6 du C.P.P.
Logiques
Il est préférable d'écrire, la mémoire est souvent défaillante. L'écrit est le seul moyen de préserver les droits des parties, de garantir le respect des règles de loyauté, de déontologie et de légalité. En outre, comme l'observe le Procureur Général BESSON, le statut militaire du gendarme « lui interdit toute forme d'action incompatible avec l'entière franchise qui doit caractériser un soldat ».
Il faut rappeler un principe essentiel en matière de procédure pénale : celui de la simultanéité de l'action rédaction du P.V. Ce dernier doit être rédigé « sur le champ » (article 66 du C.P.P.)
Enfin et ce n'est pas le moins important :
Je cite les articles 138, 292 et 293 du décret du 20 mai 1903, portant règlement sur l'organisation et le service de la gendarmerie. Egalement au besoin, les articles : 137, 116, 117 (En vigueur à la date des faits)
Article 292 modifié par Décret 58-761 1958-08-22 art. 1 JORF 26 août 1958. En vigueur
Depuis le 26 août 1958.
« Les militaires de la gendarmerie dressent procès-verbal de toutes opérations qu'ils effectuent, notamment sur réquisition ou sur demande de concours.
Il en est ainsi même en cas de non-réussite, pour constater leur transport et leurs recherches».
Article 293 :
Elle (la gendarmerie) dresse également procès-verbal des crimes, délits et contraventions de toute nature qu'elle découvre, des crimes et délits qui lui sont dénoncés, de tous les événements importants dont elle a été témoin, de tous ceux qui laissent des traces après eux et dont elle va s'enquérir sur les lieux, de toutes les déclarations qui peuvent lui être faites par les fonctionnaires publics et les citoyens qui sont en état de fournir des indices sur les crimes ou délits qui ont été commis ; enfin, de toutes les arrestations qu'elle opère
La rédaction des procès-verbaux doit être claire, précise et offrir un exposé des faits dégagé de tout événement ou de toute interprétation étrangère à leur but, qui est d'éclairer la justice sans chercher à l'influencer »
Article 138
Modifié par Décret 58-761 1958-08-22 art. 1 JORF 26 août 1958Modifié par Décret 70-1163 1970-12-08 art. 1 VII JORF 16 décembre 1970Abrogé par LOI n°2009-971 du 3 août 2009 - art. 25
Les militaires de la gendarmerie énoncent leur qualité d'officiers ou d'agents de police judiciaire en tête de tous les procès-verbaux qu'ils établissent en matière de police judiciaire.
Lorsqu'ils exercent les pouvoirs qui leur sont conférés par les articles 30 et 54 à 67 du code de procédure pénale ou qu'ils exécutent une commission rogatoire, les officiers de police judiciaire de gendarmerie doivent établir des procès-verbaux séparés pour les différents actes qu'ils sont appelés à faire.
Chaque procès-verbal doit mentionner le nom et la qualité de l'officier de police judiciaire qui a opéré personnellement, à l'exclusion de tout autre.
Les actes de procédure dressés en application des prescriptions des articles 30 et 54 à 67 du code de procédure pénale sont rédigés sur-le-champ soit directement, soit par transcription des éléments recueillis dans le carnet de déclarations.
Ces procès-verbaux sont signés par l'officier de police judiciaire sur chaque feuillet du carnet de déclarations, lorsqu'il en est fait usage, et, en tout cas, sur chaque feuillet de l'expédition transmise à l'autorité judiciaire.
Les procès-verbaux d'audition de témoins dressés en vertu d'une commission rogatoire ne peuvent comporter aucun interligne. Ils sont signés à chaque page par l'officier de police judiciaire, le témoin, même s'il s'agit d'un mineur de seize ans, et, éventuellement, l'interprète, lesquels doivent, en outre, approuver les ratures et renvois. Les procès-verbaux qui ne sont pas régulièrement signés ou dont les ratures ou renvois ne sont pas régulièrement approuvés sont non avenus.
Si plusieurs officiers ou agents de police judiciaire de gendarmerie concourent à une enquête préliminaire, la procédure doit faire apparaître, pour chacune des opérations, le nom de l'officier ou de l'agent de police judiciaire qui l'a personnellement accomplie.
Un exemple : Sous la présidence de M. LE GUNEHEC, la Cour de cassation a confirmé le 10 janvier 1995 les lourdes sanctions prises contre deux O.P.J. d'une section de recherches qui avaient, entre autres, entendu un témoin sans faire apparaître leurs noms dans la procédure et pour ne pas avoir rédigé un procès-verbal régulier. La Cour a retenu l'article 138 ci-dessus (Arrêt 94 82 198DLS).
La Direction Générale de la Gendarmerie Nationale confirme, dans la feuille de renseignements 33100 – DEF/Gend/O.E./PJ du 16 décembre 1992 (classement 33.06), que même si une personne porte à la connaissance de la gendarmerie des faits délictueux dont elle a été victime mais ne désire pas porter plainte... même dans la mesure ou l'ouverture d'une enquête préliminaire ou de flagrance n'est pas justifiée, il faut établir un simple procès-verbal de renseignement judicaire, transmis au procureur de la République territorialement compétent.
Les textes imposent donc très clairement aux O.P.J., de rédiger un procès-verbal, même en cas de recherches négatives.
Pour revenir très succinctement sur les accusations publiques de Christian M :
Dans un article intitulé : Mathieu HAULBERT : la piste de la secte, le journaliste Luc LEROUX écrit « A la barre, un seul homme C M a fait voler l'accusation en éclats. C'est dire, si cette affaire dénoncée par le témoin était importante.
Que devait faire le juge d'instruction, si par hypothèse il avait appris de tels faits ?
Il devait enregistrer les éléments et, dans le cadre de son rôle de direction de l'enquête et de contrôle du travail des OPJ, opérant sur sa commission rogatoire, entendre les OPJ ou au minimum, exiger la rédaction de procès-verbaux. En cas d'éventuelle "faute professionnelle" des enquêteurs, il devait engager une procédure hiérarchique.
Que pouvait faire le président de la cour d'assises ?
Faire établir un procès-verbal par le greffier pour acter les variations des déclarations du témoin et ses accusations. Ce point était suffisamment important puisque les avocats ont demandé verbalement, puis par écrit un supplément d'information.
L'adjudant nominativement mis en cause ayant déclaré avec force qu'il n'avait jamais parlé au sieur Christian MARECHAL sur un trottoir, prévenu qu'il allait déposer une plainte pour dénonciation calomnieuse le concernant et, demandé à ce que les autres gendarmes de la S.R. présents dans la salle, sous les ordres du major Bernard G... , se trouvent appelés à la barre pour expliquer, Le président pouvait les faire comparaître, ce qui aurait permis de faire immédiatement la lumière sur cet épisode. (La vérité n'ayant en conséquence été établie qu'environ 7 années plus tard) -
Que pouvaient, devait faire les gendarmes ?
MODIFICATION DE CE PASSAGE FIN MAI 2023 AVEC CET ELEMENT "NOUVEAU"
Audition d'un grade de la sr gendarmerie présent à l'audience de la cour d'assises en janvier 1992 :
" ...Lors de ce procès j'ai également été cité comme témoin au titre d'enquêteur ayant entendu Laugier Georges..... En dehors de cet acte précis, je ne connaissais de ce dossier que les grandes lignes. C. et T. ont été également cités comme témoins. -
Pour ma part, je n'étais pas au courant de la rencontre entre T., C. et Maréchal.
Je l'ai appris au cours des débats comme Leclerc d'ailleurs.
Je me souviens avoir marqué mon étonnement à C. qui se trouvait à côté de moi dans la salle au moment où ce fait a été révélé.
C. m'a dit qu'il était au courant et qu'il était un des enquêteurs concernés précisant que T. était le deuxième.
Suite à cette mise en cause Leclerc a interpellé avec véhémence le président de la cour d'assises lui demandant instamment de faire entendre les O P J concernés par cette rencontre.
Au même moment C. m'a demandé si il y avait lieu de se manifester auprès du président de la cour d'assises.
Je lui ai répondu de n'en rien faire, ce magistrat étant lui seul à même de décider comme Leclerc le lui avait demandé si il y avait lieu de donner suite. Il n'en a rien fait n'en éprouvant manifestement pas la volonté .
Je tiens à préciser que par la suite, j'ai appris que cette rencontre n'avait rien de mystérieux puisqu'en son temps, elle avait été portée à la connaissance du magistrat instructeur de l'époque. J'ignore si cela avait été officiellement consigné dans le dossier d'instruction.
S.I.R. J'ignore si un acte de procédure avait été dressé par C. et T. et si tel n'a pas été le cas, il faut bien admettre que c'est une erreur (2). Ceci étant, ces enquêteurs ont fait ce qu'ils devaient faire puisqu'ils en ont rendu compte au magistrat instructeur.
Les jours suivant (A), Leclerc H. a été mis en cause dans la presse audiovisuelle et écrite par le biais de déclarations portant atteintes à son honneur.
A la suite de ces mises en causes médiatiques, Leclerc, à juste titre, a déposé de nombreuses plaintes ...."
Les gendarmes pouvaient aussi déposer une requête afin de venir témoigner, au lieu d'abandonner l'adjudant L, tout seul sous les feux des "projecteurs" et les accusations médiatiques !
Un fait que les journalistes ne connaissent pas : La mère de l'adjudant L, entendant les accusations concernant son fils gendarme, s'est retrouvée transportée par les sapeurs pompiers à l'hôpital ou elle a été hospitalisée !
Le témoin Christian M... ayant accusé trois gendarmes, le président pouvait aussi demander l'identification et la comparution des militaires le jour même, ou le lendemain. Il pouvait aussi faire comparaître le directeur de cette enquête, concerné à partir du 1er juin 1988, et les années suivantes que personne n'a vu, ni entendu !. Il pouvait faire comparaître le gendarme Louis Z. ou lire une audition prise par ce gendarme sur les faits en cause.
Le président avait juste avant, décidé du transport de la cour d'assises à LA BATIE DE PEYROULES, pour visualiser les lieux. Notamment l'itinéraire entre la maison et le col de Luens par la route nationale. Du temps était donc disponible.
Que pouvait faire l'avocat de la partie civile ?
Il disposait du même dossier que celui du président, il pouvait donc intervenir comme les avocats de la défense, mais il a jugé opportun de n'en rien faire. Il avait certainement ses raisons que je ne connais pas.
Mais les jurés, que pouvaient-ils penser, retenir ?
C'est le secret des délibérations personnes ne peut savoir !
La presse a très largement commenté ces faits, il n'y a donc aucun secret.
On peut constater que les 2 mdl/chef G.C. et A.T. acteurs de l'épisode du trottoir de Cannes non acté qui s'est déroulé le 2 juin 1988 pour être découvert publiquement aux assises en janvier 1992 n'ont été entendus pour la première fois qu'en avril 1998 ! hors instruction sur la disparition de Mathieu, dans le cadre d'une enquête dite préliminaire. .... un épisode sur lequel nous allons revenir ....
"" Je viens de découvrir ( Avril 2026) dans le livre « Disparu en chemin » de la journaliste Läeticia SARIROGLOU, page n° 318 « ...Fin septembre 1996, une énième commission rogatoire parvient à la section de recherches, signée de son successeur ( Successeur de M. Mistral) , Yves Le Bourdon. Le nouveau juge met le four à chaux de côté mais réclame une séries d’actes, dont l’audition de Christian Maréchal et des gendarmes qui ont reçu ses confidences sur un trottoir. Si son éventuel faux témoignage ne peut comporter de suite pénale, il constitue un élément de fait utile à la recherche de la vérité, justifie-t-il, reprenant l’argument martelé dans le vide depuis des années par le chef Leclerc. M. Maréchal devra préciser …. »
Ici il faut reconnaître que le sussesserur de M. le président Mistral ( Chanbre d'accusation - Aix/Pce ) a pris une excellente décision pour un bon motif : Cet interrogatoire, illégalement non acté en procédure, de 3 heures sur un trottoir de Cannes de Christian Maréchal, fait révélé par lui même à la barre aux assises de Digne en janvier 1992, qui selon des journalistes avait causé l'effondrement de l'accusation devait être éclairci. La vérité devait être découverte et enregistrée. Il était donc demandé l'audition de Christian Maréchal et des 2 MDL chefs Gérard C et Albert T mais pas du gendarme accusé injustement, victime et plaignant ! - La journaliste ne précise pas dans son livre "Disparu en chemin" le résultat de ces auditions.
Pendant ce temps le Mdl Chef Leclerc devenu adjudant se battait de son côté, avec l'énergie du désespoir et l'aide d'un cabinet d'avocats, pour obtenir cette même vérité ! Il y parviendra 7 années après les accusations et 2 condamnations de l'Etat à lui verser des dommages et intérêts.
L' EFFET dit TUNNEL
xxxxxx
AUTOPSIE D'UNE ENQUETE RATEE DE A à Z
OU LE MYSTERE Mathieu HAULBERT
Premières pages d'un ouvrage rédigé par un gendarme,
actuellement en attente, pour éventuelle publication gratuite sur internet
L’affaire Mathieu Haulbert est une affaire judiciaire concernant un enfant de dix ans, Mathieu Haulbert, disparu le 25 juin 1983 à Peyroules près de Castellane , dans les Alpes-de-Haute-Provence (France)
Vous trouverez un historique des enquêtes successives ici
"Affaire Mathieu Haulbert Wikipedia"
: https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Mathieu_Haulbert
AUTOPSIE D'UNE ENQUETE RATEE DE A à Z OU LE MYSTERE Mathieu HAULBERT.
EXTRAITS - Dans l'une des disparitions non élucidées de ce blog ( Nota le blog était initialement sur Skyblog qui a fermé et disparu aujourd'hui, mais est archivé par l'INA), un gendarme injustement mis en cause, s'était lancé dans l'écriture d'un modeste ouvrage dans le but de rétablir la vérité. Le document qui a redémarré suite à l'actualité journalistique en 2023 n'est pas totalement finalisé, il manque la fin ! mais il semble possible d'en proposer quelques extraits. ( Il est possible de me contacter pour me demander des modifications justifiées ou pour apporter des précisions à cette adresse : [email protected] )
Les personnes citées, concernées, peuvent intervenir pour apporter des précisions, pour demander des modifications.
* Adresse contact - [email protected]
AVERTISSEMENT : Ce texte n'est pas définitif - Son but est de corriger des erreurs médiatiques par l'établissement de la vérité -
....../..... Extraits
SAISINE DE LA SECTION DE RECHERCHES d'AIX en PROVENCE
"Le juge Jean-Louis HERAIL ( Février 1987) : ...., Les gendarmes ont .....
Le procureur de la République :
Rendez lui son dossier, il n'y a plus rien à en tirer.....
Mardi 17 février 1987 (presque 4 années après la disparition du petit Mathieu HAULBERT) dans le bureau du major Armand GAMBA, adjoint au commandant de la Section de Recherches d'Aix-en-Provence :
- LECLERC, Monsieur HERAIL veut nous saisir du dossier Mathieu HAULBERT. Allez chercher le dossier avec DOL (Ensuite ces 2 O.P.J. formeront un binôme qui enquêtera jusqu'à la fin de mai 1988. Le 1er juin 1988 date très importante à retenir c'est un autre binôme qui au vu de la procédure prendra en charge la suite de l'enquête)
( Additif / ajouté le 13 août 2022 pour répondre à un article du journal "La Provence " daté du 4 juillet 2022.
La saisine de la S.R. d'Aix-en-Provence par Mr le juge d'instruction HERAIL Jean-Louis date du 3 mars 1987 - Le MDL Chef à l'époque, LECLERC a été muté pour cause d'avancement le 1er juin 1988. Il a donc travaillé sur ce dossier avec le gendarme DOL, jusqu'au 31 mai 1988 et n'a plus jamais participé ensuite à l'enquête.
Les investigations réalisées ou au contraire les hypothèses de travail qui ont été écartées sont de la compétence et responsabilité des nouveaux enquêteurs - Il est utile de préciser qu'à la date du 1er juin 1988, aucune hypothèse n'était exclue, contrairement à ce qu'il est possible de lire par contagion d'articles à articles ! - )
Donc l'hypothèse " Une fugue qui aurait eu une suite tragique est encore d'actualité compte tenu d'éléments objectifs actés en procédure. Ainsi sur son itinéraire Mathieu n'a jamais parlé aux personnes rencontrées de transhumance mais a donné d'autres destinations ! ( Au moins 2 ) - Surtout il avait quitté la maison parentale avec le petit fouet confectionné pour cette transhumance.... et il l'avait abandonné 150 mètres plus loin dans un cabanon ! sans oublier un incident non précisé ici survenu le matin même.
L'hypothèse d'un prédateur de passage, n'ayant aucun lien avec la région des A H P reste parfaitement recevable. Il suffit de regarder les disparitions de Delphine BOULAY, LINA, d' ESTELLE pour s'en convaincre.
Autres hypothèses - L'environnement d'un homme, un campeur, auteur d'une tentative d'enlèvement à un mois de distance de la disparition de Mathieu et à quelques kilomètres mais juste de l'autre coté de la frontière du département : Alpes-de-Haute-Provence / Var avait été commencé et acté.
Pour une raison inconnue ce suspect ne sera pas entendu avant la date des assises soit le 14 janvier 1992 ! Aucune raison n'est indiquée dans la procédure sur l'abandon de cette hypothèse.
Mais il y a encore d'autres hypothèses non traitées comme il sera dit à la barre de la cour d'assises plus tard. Exemples - Une opération perquisition investigations était prévue par le premier binôme (Mars 87 au 31 mai 88) au sein d'une secte locale. Hypothèse créditée par le fait que l'enfant disparu connaissait des personnes plus ou moins liées à cette secte. ( Il ne s'agit pas du Madarom ) Aux assises un avocat s'insurgera entre autres sur cette absence !
Il y a aussi un individu se trouvant parmi un groupe de 3 personnes qui apparaît toujours comme très suspect. Ici faute de garde à vue disponible il avait été prévu après localisation commencée de les placer sur écoutes. Ceci a été rendu public à la barre de la cour d'assises.
Aucune de ces hypothèses ne figurent dans le procès-verbal de synthèse rédigé en décembre 1988 par le chef d'escadron commandant la section-de-recherches d'Aix-en-Provence .
A priori une seule hypothèse de travail semble avoir été retenue par le nouveau binôme (Juin 88) qui a clôturé l'enquête ce qui n'est pas normal, on peut parler d'effet tunnel. Deux hommes sont désignés nominativement dans cette synthèse ou on ne parle pas des autres hypothèses tombées dans les oubliettes, jusqu'aux assises de janvier 1992.
Mais revenons à l'histoire :
Le même jour 10 heures, Palais de justice de Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence)
-Bonjour monsieur le juge, vous souhaitez nous confier un dossier ?
-Oui, asseyez-vous
-Je dois vous dire tout de suite que la gendarmerie a très ...../........dans cette affaire, mais j'ai réussi .../... avec l' O.C.R.T.E.H. , je dois être muté à Marseille et je vais bien .../... .
Mon successeur .../... le dossier. Je n'ai pas .../... . .../... le premier juge, monsieur TCHALIAN .../...
-Ca m'étonnerait beaucoup que la gendarmerie ait aussi .../........ que vous le dites, mais nous allons étudier le dossier.
-A bientôt monsieur le juge.
- Psssst, venez dans mon bureau, je suis le procureur (juste à la sortie du bureau de juge d'instruction).
Ecoutez, le juge .../... , il n'y a plus rien à tirer de ce dossier, rendez-lui. Vous avez mieux à faire...
- Nous allons d'abord l'étudier, puis notre commandant d'unité décidera de ce qu'il y a lieu de faire.
Au revoir, monsieur le procureur.
C'est ainsi qu'allait commencer une enquête, dont je n'imaginais pas les conséquences. Jamais je n'aurais osé, si j'avais du écrire une fiction policière, proposer de tels faits.
Ici tout est sinistrement réel.
Nous quittons le palais de justice avec un dossier relativement volumineux. Il contient deux années d'enquête gendarmerie (brigade territoriale de Castellane et Brigade de Recherches de Digne). Puis deux autres années d'enquête, de la Police Nationale.
Sur le chemin du retour vers Aix-en-Provence, à la sortie de Digne nous nous arrêtons à la caserne de Gendarmerie, rue Georges Pompidou. Endroit que j'ai fréquenté à l'époque où je préparais le diplôme d'officier de police judiciaire.
Il s'agit d'une structure importante. On y trouve le groupement de gendarmerie (l'échelon qui commande toutes les unités de gendarmerie des Alpes-de-haute-Provence, ainsi que plusieurs autres services, comme la brigade de recherches départementale .
C'est dans ce service que nous nous rendons. Je connais bien son commandant d'unité, l'adjudant Maurice LEROUX. Nous avons été affectés dans la même brigade (Forcalquier) et avons travaillé ensemble quelques années. Nous rencontrons aussi l'un des premiers enquêteurs, le gendarme COSSU. Nous croisons aussi un Maréchal des Logis Chef de Castellane, de passage à Digne.
Nous repartirons avec deux premières idées d'hypothèses. Les avis intimes d'enquêteurs. Pour l'un de la B.R. (Brigade de Recherches) Il s'agit d'un enlèvement et Mathieu se trouve retenu .../... . Pour l'autre, c'est .../... .
L'adjudant CAMILLERI qui commandait la B.R. à l'époque de la disparition, promu adjudant-chef avait été muté à Forcalquier. Un petit crochet sur le chemin du retour et nous passons par cette brigade, pour recueillir... le "sentiment" de ce premier directeur d'enquête. Il est absent. Nous reviendrons. S'il est une chose que j'ai apprise, c'est de ne jamais se contenter du contenu d'un dossier. De toujours retourner sur les lieux des faits, de contacter les premiers enquêteurs et les divers témoins. C'est à dire reprendre l'enquête au départ, sans idée préconçue.
Je passe le samedi 21 et le dimanche 22 février 1987, dans l'étude de la procédure, au bureau de la section recherches, avec le gendarme DOL Léopold. Nous allons former un binôme jusqu'au 31 mai 1988. (Nous avons donc eu le dossier pour étude avant la commission rogatoire .) (A partir du 1er juin 1988 un nouveau binôme a été constitué pour poursuivre les investigations avec notamment, d'après les pièces de la procédure, le mdl/chef BODET Evelyn et le major GONZALEZ Bernard (sous réserves ) .
Je note sur un journal de marche qui a été ouvert (un petit cahier d'écolier, sur lequel nous portons, en vrac, pour ne pas les oublier, des éléments divers. Ce cahier devait servir pour la rédaction du P.V. de synthèse. C'est lui qui me permet de me souvenir de détails ) . Je note donc quelques remarques. L'hypothèse sur .../... , exprimée plus haut, n'a pas été retenue à ce jour. Les enquêteurs de la B.R. de Digne n'ont pas remarqué, ou travaillé sur des contradictions entre trois vendeurs ambulants. Ils se trouvaient sur l'itinéraire de Mathieu le 25 juin 1983. Les policiers de l'Office Central pour la Répression et la Traite des Etres Humains de Paris, ont entendu les intéressés, mais dans des conditions défavorables puisqu'ils n'étaient pas tous entendus simultanément..
J'indique sur le journal :
.../... Résumé : La première interrogation concerne l'enfant disparu, sa situation possible en 1987 - Il y a d'autres questions sans réponse comme la valeur de l'appel téléphonique de Mathieu, la valeur des témoignages de témoins.... Une première hypothèse, qui n'avait jamais été envisagée, apparaît clairement à partir des premières auditions de juin juillet 1983, notamment l'audition de Mme P et de son mari.
Il s'agit ici d'idées complètement subjectives, de pistes à explorer, de questions à poser aux premiers enquêteurs. Dans ce type d'enquête, comme pour d'autres, il est important de cerner les faits et de placer dans une colonne : les hypothèses de travail, de ne jamais confondre un fait établi et une hypothèse.
Une semaine plus tard, l'étude du dossier s'étant poursuivie, dans les locaux de la Section de Recherches :
-Mon commandant, je crois bien que le juge d'instruction avait raison, le dossier est complètement pourri . Nous avons une affaire Grégory . bis. Il n'y a que deux solutions, on lui rend son dossier comme le souhaite le procureur, ou on le traite, mais il va falloir le traiter à fond, et il y a beaucoup de travail".
J'ajoute que nous sommes prêt à procéder immédiatement l'enquête. C'est la décision qui est prise par le patron.
Mais, commençons par le début et avançons maintenant comme ce fut le cas.
Monsieur HERAIL juge d'instruction, chargé d'informer contre X, inculpé d'enlèvement de mineur de 15 ans, saisit la section de recherches d'Aix-en-Pce par commission rogatoire datée du 3 mars 1997. La mission est dite générale : Poursuivre l'enquête en cours en vue d'identifier et d'entendre le ou les auteurs ou tous complices éventuels des faits visés. Dans ce but les O.P.J. feront tous actes utiles (Auditions, perquisitions, saisies) et me rendront compte en cas de difficultés. Ils s'attacheront notamment à diriger l'enquête à la fois sur Cannes et Castellane pour tenter de retrouver la trace du mineur disparu. Vu l'urgence, ils pourront faire application des dispositions de l'article 18 al. 4 du CPP.
L'article 18, 4 permet aux enquêteurs de se transporter sur l'ensemble du territoire. D'ores et déjà, le juge demande de diriger l'enquête sur Castellane (lieux de la disparition) et sur Cannes.
Pourquoi cette ville des alpes maritimes plutôt que Nice, Grasse, Manosque, ou Digne ? Tout simplement parce que Mathieu y aurait été formellement reconnu en compagnie d'un inconnu.
Que des Cannois viennent en week-end dans la région de la disparition.
La mission qui autorise tout officier de police judicaire à procéder, à tout ce qui est prévu dans le CPP sera complétée par plusieurs commissions rogatoires du magistrat, ordonnant des écoutes téléphoniques. La première sera placée chez .../... . C'est le b a ba pour ces investigations.
Bien entendu le juge d'instruction sera informé au fur et à mesure, pas seulement en cas de difficultés éventuelles comme écrit dans la C.R. (Commission rogatoire)
A ce stade le magistrat considérait vu la mission confiée vers la région Castellane / Cannes, que les policiers parisiens de l' OCRTEH avaient fait le travail de recherches et d'investigations au plan national et qu'il fallait revenir au "local"
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L'ENQUETE INITIALE - Compagnie & Brigade territoriale de Castellane (04) et Brigade de Recherches de Digne-les-Bains (04)
ll y a plusieurs façons de travailler dans ces circonstances.
Faire comme les enquêteurs de la police nationale parisienne qui ont succédés aux gendarmes, poursuivre l'enquête depuis l'endroit ou elle s'est arrêtée, ce qui est très habituel, mais au travers de ce que je vais apprendre et conformément à mon habitude, je décide de recommencer toute l'enquête en partant d'avant même la disparition de Mathieu. C'est-à-dire en enquêtant sur la victime et sa famille avant son arrivée dans les Alpes de Haute Provence.
Ce que nous appelons : faire un environnement.
Je vais ensuite procéder à des vérifications qui n'avaient jamais été réalisées, et découvrir des choses hallucinantes. Par exemple l'existence inconnue des premiers enquêteurs bas alpins et parisiens, d'une tentative d'enlèvement d'un autre enfant, à la même époque, et non loin des lieux de la disparition de Mathieu Haulbert, à TRIGANCE (Var).
Plus tard, quelques jours avant l'ouverture de la cession de la Cour d'assises ou une personne sera jugé et acquittée .../... , je vais découvrir que cette piste n'a jamais été véritablement explorée. L'homme mis en cause identifié et entendu sur Paris par les gendarmes de la BR de Draguigan, sur l'affaire de Trigance, ne sera jamais entendu, même pas comme témoin dans la disparition de Mathieu. Elle ne sera pas la seule hypothèse à ne pas avoir été traitée !
Comme j'ai commencé à l'évoquer dans le paragraphe ci-dessus saisine de la section de recherches (S.R.) en mai 1987, je découvre les faits au travers tout d'abord du dossier remis par monsieur HERAIL, juge d'instruction près du tribunal de grande instance de Digne-les-Bains. Ainsi que par les brides d'informations glanées auprès des gendarmes.
Le département des Basses Alpes, aujourd'hui Alpes-de-Haute-Provence judiciairement célèbre depuis le 5 août 1952. Souvenez vous, Sir Jack DRUMMOND, sa femme et sa fille Elisabeth qui campaient à 150 mètres de « La grand'terre » une ferme de la commune de LURS sont retrouvés assassinés. Ce qui pouvait n'être qu'un fait divers est devenu l'affaire DOMINICI. Ce département .../...
Je connais bien cette région pour y avoir été gendarme dans une petite brigade de Sous préfecture pendant quelques années. Justement celle, qui a l'époque avait commencé les premières investigations sous les ordres du capitaine ALBERT dans le cadre de l'affaire DOMINICI.
Une petite anecdote au passage, le 29 juin 1976, un corps sans tête et sans mains, carbonisé est découvert par un pêcheur (Cette fois ce n'est pas l'habituel chercheur de champignons) en bordure de la route nationale .....
J'étais de permanence à la brigade lorsque l'homme a téléphoné pour prévenir de sa découverte.
Le capitaine HASSEN s'est transporté sur les lieux avec l'Adjudant-chef NAVAS commandant la brigade et quelques enquêteurs.
La brigade de recherches de Digne a été alertée. L'enquête a permis d'identifier un garçon qui a déclaré être l'un des trois auteurs du meurtre de la jeune fille.
Selon lui, le crime a été commis sur le parking de la Grand'Terre, presque à l'endroit de l'assassinat de la famille DRUMONT. La victime n'a jamais été identifiée à ce jour. Deux autres "auteurs" ont été dénoncés par le premier interpellé mais ils ont nié totalement les faits.
Les trois seront renvoyés devant la cour d'Assises des Alpes-de-Haute-Provence à DIGNE, par la Chambre d'Accusation d'Aix-en-provence. Un accusé a continué à reconnaître le meurtre, deux ont nié les faits. Tous ont été acquittés et déclarés innocents. (Il ne me viendrait pas à l'idée, bien entendu de commenter la décision), c'est interdit par la loi . .../... Cette affaire est relatée dans plusieurs livres. Je cite .../...
C'est un mystère de plus pour le département. Cette affaire avait été rapprochée de l'assassinat d'une jeune femme trouvée assassinée, dans le lac de Chateau-Arnoux quelques temps auparavant. En xxx le département se rendra de nouveau tristement célèbre avec l'affaire Céline JOURDAN,
Ne croyez surtout pas que je m'égare dans mon propos, et que je vais remonter aux affaires: X.Y.Z. , mais nous allons retrouver ici et pour partie les mêmes intervenants
Nous allons retrouver la même région avec ses spécificités, les mêmes mentalités, parfois les mêmes enquêteurs, les mêmes magistrats. Le même palais de justice et sa même Cour d'Assises autrement composée, mais presque inchangée depuis l'affaire Dominici.
Nous ne manquerons pas de venir plus loin, sur Yannis MORE. Disparu de Ganagobie (Lurs O4) Il n'a jamais été retrouvé C'est également le cas d'autres enfants. Ils ne seront pas oubliés dans ce livre, lorsqu'il peut exister un lien, même intellectuel entre eux.
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LES FAITS :
Le samedi 25 juin 1983, 22 heures le gendarme de permanence à la brigade de Castellane reçoit un appel téléphonique de M. HAULBERT Philippe qui signale la disparition de son fils, Mathieu âgé de 10 ans.
Une patrouille qui était prévue à la même heure pour une surveillance de nuit, est immédiatement dirigée sur le domicile de la famille HAULBERT pour recueillir les premiers éléments. Elle est composée du gendarme Serge BARRE, officier de police judiciaire, du gendarme mobile Marc BOILEAU et du gendarme auxiliaire Pierre VINCENT.
Ils sont reçus au domicile de la famille, par Philippe et Lise HAULBERT, les parents, et par Georges LAUGIER un ami.
Les gendarmes apprennent que Mathieu, âgé de 10 ans a disparu. Il a quitté son domicile à 14 heures 20, avec l'accord de ses parents. Il devait se rendre à pied, en empruntant la route nationale 85, à la ferme des Clarnes, pour rejoindre son petit camarade Pascal VERDEGEM et le berger, M. Robert RICARD. Tous trois devaient conduire le troupeau de moutons jusqu'à Castellane. Mathieu qui a été vu a trois endroits différents sur l'itinéraire qu'il devait suivre, n'est jamais arrivé.
Les gendarmes rendent immédiatement compte à leur commandant de compagnie, en résidence à Castellane, le capitaine VINCHENT. Il se rend immédiatement sur place ou il va diriger immédiatement et pendant plusieurs jours les recherches sur le terrain. Le commandant de compagnie va notamment diriger les recherches opérationnelles, pendant que dans le même temps, le MDL Chef Gilbert PONS, officier de police judiciaire, commandant par intérim la brigade territoriale de Castellane va prendre en compte la partie enquête judiciaire. Une enquête dite de flagrance est ouverte.
Le procureur de la République près le TGI de DIGNE LES BAINS est informé, comme il le sera tout au long de l'enquête. Ce magistrat s'est d'ailleurs transporté sur les lieux avant d'ouvrir par la suite une information auprès d'un juge d'instruction. Les autorités administratives habituelles sont également prévenues, à commencer par le sous préfet de Castellane.
Le MDL Chef PONS écrit dans son procès-verbal de transport, des constatations et des mesures prises (n°478, pièce n°2) – Aucun élément susceptible d'orienter les recherches n'est recueilli. Il est impossible de déterminer s'il s'agit d'une fugue, d'un accident ou d'un enlèvement. Donc aucune hypothèse n'est exclue.
Il ajoute : La bicyclette de Mathieu se trouve bien dans la cabane ou il devait la ranger. Le petit fouet de sa fabrication est resté appuyé contre la porte de cette cabane, qui est implantée à La Bâtie de Peyroules, proche du carrefour formé par la RN 85 et le VC 1. En réalité le fouet se trouvait sur le sol, c'est une riveraine qui a redressé le fouet pour les besoin d'une photo journalistique (Photo effectivement publiée )
Une question peut déjà se poser. Pourquoi Mathieu à t il laissé son fouet, le fouet qu'il avait confectionné pour accompagner le troupeau de moutons, prés de son vélo ?
Plusieurs patrouilles sont mises sur pied pour assurer les premières recherches et le recueil du renseignement, jusqu'à 1 heure du matin.
Avez-vous vu le petit Mathieu HAULBERT ?....demandent les gendarmes aux personnes rencontrées.
Les brigades de la compagnie de Castellane sont alertées et les brigades de SERANON et de COMPS sont avisées.
le concours du chien de pistage de la gendarmerie des Arcs (83) est également demandé.
Le concours de l'hélicoptère gendarmerie et du peloton de gendarmerie de montagne est demandé et accordé. Par la suite le concours des pompiers et de la sécurité civile de BRIGNOLES permet de renforcer le dispositif des recherches.
Dès le 26 juin 1983 à 7 heures, messages de recherches (n° 601/2) et fiche de renseignements (n° 602/2) sont adressés, avec une photo, au fichier ainsi qu'au service de diffusion de la gendarmerie à Rosny-sous-Bois, pour diffusion nationale
.../...coupure
Pour info : L'enquête confiée à la SR alors à AIX-en-PROVENCE le 3mars 1987 par M. Jean-Louis HERAIL sera clôturée en décembre 1988 et transmise au magistrat mandant.
Les 2 O P J (Un binôme d'enquêteurs désignés par le major Armand GAMBA, adjoint au cdt de la S.R aixoise ) chargés du dossier le 3 mars 1987 seront tous les 2 remplacés par un nouveau binôme d' O P J de la S.R. Aixoise le 1er juin1988, à priori et au vu du dossier ce nouveau binôme est composé du mdl/chef BODET Evelyn et du major GONZALEZ Bernard, ce qui reste à confirmer.
Le procès-verbal de synthèse traditionnellement rédigé par le directeur de l'ensemble de l'enquête ( Donc nous avons premier binôme d'enquêteurs sur le terrain du 3 mars 1987 au 31 mai 1988 - Second binôme du début juin 1988 à la clôture de l'enquête ) et le P.V. de synthèse rédigé au nom et sous la signature du commandant de la section-de-recherches.
Le MDL/Chef LECLERC est muté (1er juin 1988) suite à une promotion au grade d'adjudant, et le gendarme DOL affecté par le commandant de la S.R. à une autre enquête.
Cette date est très importante, l'enquête s'étant trouvée décapitée, ce qui n'explique cependant pas l'abandon semble t il des hypothèses de travail retenues par le 1er binôme.
Toutefois le nouveau binôme supposé ( Major GONZALEZ Bernard. et Gendarme BODET Evelyn ) qui va se consolider au fil du temps avec l'établissement de pièces des procédures diverses, va poursuivre l'enquête du 1er juin 1988 à la fin de 1988 mais aussi après, sur réouverture de l'enquête, comme en 1989, 1990 .... !
En effet le juge d'instruction en charge du dossier va demander des investigations complémentaires entre autres à la S.R.
A suivre (Il ne s'agit ici que d'extraits d'un livre qui sortira peut être un jour...lorsque le dossier sera définitivement clos, affaire résolue ou pas ! . Le dossier sur la disparition de Mathieu HAULBERT a été confié en 2022 / 23 au nouveau Pôle des crimes sériels et affaires non élucidées de Nanterre.)
ADDITIF COMPLEMENTAIRE IMPORTANT .
Le 14 janvier 1992 Georges LAUGIER, accusé était jugé par les Cour d'Assises des Alpes-de-Haute-Provence à DIGNE-les-BAINS.
4 jours après il était acquitté.
Un événement plus marquant que les autres et qui va avoir de terribles conséquences s'est produit lorsque que le témoin Christian MARECHAL Celui-là même qui avait fourni un alibi au nommé LAUGIER, a, lors de son témoignage à la barre de la juridiction dignoise déclaré :
Qu'il n'était pas homosexuel et n'avait pas eu "d'aventure" avec l'accusé. Que c'est trois gendarmes qui l'avaient contraint à faire cette déclaration lors d'un interrogatoire de 3 heures, un soir, sur un trottoir de CANNES !
Sur question de Me Philippe LEMAIRE, avocat de la partie civile, il désigne l'adjudant LECLERC comme un des 3 gendarmes.
Rappelé à la barre l'adjudant LECLERC a immédiatement répondu qu'avec la plus grande force il n'avait jamais parlé à ce témoin sur un trottoir ni à Cannes ni sur un autre trottoir ailleurs. Le gendarme a ajouté M. Christian MARECHAL vient de faire un faux témoignage à mon encontre et je me réserve le droit de déposer une plainte pour dénonciation calomnieuse, faux témoignage. A ce moment le gendarme à la barre demande au président de la Cour d'assises de faire entendre les gendarmes de la S.R. présents dans la salle. Cette demande ne sera pas suivie d'effet.
( Je passe pour le moment sur le grave incident d'audience qui à suivi et divers échanges )
Le fait est que le premier jour ouvrable après les assises, un lundi, dès 9 heures l'adjudant a déposé par télécopie (fax) depuis Fontainebleau, sa première plainte auprès du Parquet de Digne-les-Bains.
Plusieurs autres plaintes seront déposées (et traitées ici plus tard )
7 années après les assises, 7 années de procédure .... Et surtout après deux enquêtes préliminaires ouvertes sur les plaintes du gendarme faussement accusé par Christian MARECHAL il a été officiellement établi que :
Effectivement, 2 et non 3 gendarmes de la S.R. d'Aix-en-Provence se sont spécialement transportés à Cannes pour y entendre Christian MARECHAL. Effectivement "l'interrogatoire" s'est déroulé sur un trottoir de Cannes, devant la gendarmerie en date du 2 juin 1988, comme cela est indiqué sur un bulletin de service.
Le témoin Christian MARECHAL aurait selon les 2 gendarmes, M.D.L.Chefs Gérard C. et Albert T. expliqué qu'il avait eu des relations homosexuelles avec Georges LAUGIER.
Les 2 gradés Gérard et Albert disent (Ce qui est vérifié exact ) qu'ils ont téléphoné à la juge d'instruction, Melle Catherine MULLER , pour lui rendre compte de cette importante déclaration, puisque pouvant étayer un possible mobile. Et que la juge d'instruction a immédiatement fait convoquer le témoin pour l'entendre à Digne.
Ceci s'est réalisé très rapidement un ou deux jours après. Christian Marechal a alors confirmé ses dires du trottoir de cannes à la juge d'instruction.
Il confirmera encore par la suite avant de se rétracter aux assises pour accuser 3 gendarmes d'avoir exercé des pressions pour obtenir cette confession.
Le premier problème est que Christian Marechal a désigné l'adjudant LECLERC comme cela est rapporté notamment dans la presse.
Et qu'à la date de l'entretien, le 2 juin 1988, l'adjudant LECLERC n'était plus affecté à la section-de-recherches d'Aix-en-Pce . Ce que le témoin "menteur" ne pouvait savoir. Mieux ou pire pour Christian Marechal l'adjudant LECLERC ayant fait l'objet d'une mutation pour cause d'avancement en date du 1er juin 88, il était en plein déménagement de son mobilier avec une équipe de déménageurs à AIX/Pce !
Reste le cas des MDL Chefs Gérard C. et Albert T. qui ont entendu un témoin pendant 3 heures sur un trottoir, devant la gendarmerie de Cannes. Ils ont semble t-il commis une faute professionnelle en ne rédigeant aucune pièce de procédure, alors que celle ci était absolument obligatoire selon les textes.
En plus lorsqu'ils ont pris connaissance du revirement de témoignage à la barre de Christian MARECHAL (Janvier 1992) ce qui est incontestable, le mdl/Chef Gérard C. était présent dans la salle d'audience à ce moment (Fait établi. Il était en compagnie d'un autre gendarme, major à la S.R aixoise) Le mdl/chef à proposé au major de se signaler à la Cour, mais ce major n'aurait pas accepté sur la base d'un raisonnement discutable.
Ils ont donc malheureusement choisi de ne pas se signaler au président de la cour d'assises laissant un camarade nominativement et injustement très gravement mis en cause. La nuit n'a pas porté conseil et ces gendarmes n'ont pas changé de position laissant les coups pleuvoir sur leur camarades et, les jurés face à cette situation. ( A noter que tout ceci est acté en procédure et que les incontestables preuves peuvent être apportées )
Il aura fallu ensuite 7 années à ce camarade injustement accusé, pour obtenir de façon incontestable son innocence.
Ceci a été reconnu par 2 procédures suivi par 2 lettres du procureur de la République de Digne-les-Bains et une autre de la direction générale de la gendarmerie nationale. Les 2 procédures dont il est question ont été diligentées par des O P J venus spécialement de la région parisienne, le B E C Bureau des Enquêtes et des Contrôles .
Il reste beaucoup à dire sur l'enquête mais tout vient à point à qui sait attendre ..... à suivre très bientôt....
Les personnes citées peuvent me demander d'éventuelles modifications si elles le souhaitent -
adresse : - [email protected]
L'itinéraire de l'enfant disparu, Mathieu 10 ans en 1983, est matérialisé par des petits points
sur la route en dessous du Col de Luens
xxXxx
LA BATIE DE PEYROULES - PEYROULES
Ci-dessous point de départ sur la R.N.85 dite route Napoléon
au niveau de la D 452 petite route venant de la droite
Bien visible sur le plan ci-dessus.
Mathieu HAULBERT disparu en juin 1983 -
Un des plus vieux cold cases français -
Castellane - Peyroules
Alpes-de-Haute-Provence-
Un voisin, une secte, un tueur en série ?
Un enfant de dix ans ne peut pas disparaître purement et simplement
Un article de Jeanne NICOLLE-ANNIC dans OUEST FRANCE
Ouest-France Jeanne NICOLLE-ANNIC. Modifié le 25/06/2023 à 12h01 Publié le 12/05/2023 à 7h00
L’affaire Mathieu Haulbert , irrésolue depuis 40 ans. C’est l’un des plus vieux cold cases français :
la disparition de Mathieu Haulbert , dix ans, aux abords de Castellane (Alpes-de-Haute-Provence) en juin 1983. En quarante ans, un voisin a été jugé puis acquitté, la piste de l’enlèvement par une secte a été soulevée et celle d’un tueur en série interroge toujours.
Depuis quelques semaines, l’enquête est confiée au pôle cold cases de Nanterre.
Récit. Quand ils pénètrent dans le restaurant bondé de Castellane, ce mercredi de février 2023, les touristes continuent bruyamment leurs conversations mais les habitués se retournent vers eux, même quarante ans après. Philippe Haulbert n’a plus les cheveux longs mais coupés court et blancs. Sa femme, Lise, a toujours les yeux d’un bleu perçant mais des rides sont apparues sur leurs contours. Ils sont les parents du petit Mathieu, 10 ans depuis 40 ans, disparu au début des années 1980.
Plus tard, la patronne de l’hôtel et restaurant nous confiera derrière son comptoir :
« Tout le monde s’en rappelle, ici. »
En l’espace de quelques centaines de mètres, Mathieu s’est volatilisé
C’était en 1983. Ce samedi 25 juin, peu après 14 h 30, le soleil de Provence cogne sur la fameuse route Napoléon et sur sa portion de RN 85 bordée de pins et de montagnes. Un petit garçon marche sur le bas-côté. Il est habillé d’une salopette, chapeau vissé sur la tête. Ses parents l’ont autorisé pour la première fois à rejoindre seul un berger du coin, Robert Ricard, pour une transhumance. Il doit y retrouver un camarade et y passer la nuit. Mathieu est parti quelques dizaines de minutes plus tôt du domicile familial, au hameau de la Bâtie-de-Peyroules, pour rallier la ferme située au lieu-dit des Clarnes, à quelques encablures de Castellane. Après avoir quitté le terrain familial, il parcourt quelques centaines de mètres, pose son vélo contre un abri en pierres ainsi qu’un fouet qu’il avait sans doute confectionné pour guider les moutons, emprunte la route, dit bonjour à une amie de la famille et lui indique qu’il se rend à un anniversaire. Il commence à grimper en direction du col de Luens où un garagiste pense l’avoir aperçu. Cinq cents mètres plus loin sur la route, six marchands de fossiles sont installés pour la journée en bordure de la nationale. Ils disent n’avoir jamais vu Mathieu passer.
En l’espace de quelques centaines de mètres, l’enfant s’est volatilisé.
« On n’a jamais été accepté »
Mathieu a disparu alors qu’il marchait sur le bas-côté de la route Napoléon, au niveau du col de Luens.
Près de 40 ans plus tard, « l’affaire Haulbert » hante toujours Castellane, ravissante commune d’environ 1 500 habitants à l’année et sous-préfecture la moins peuplée de France. Située aux portes des gorges du Verdon, elle est assaillie par les touristes l’été. L’hiver, les jours de semaine ressemblent à des dimanches. Les nombreuses devantures de boutique de location de matériel de canyoning, pratique prisée dans la région, sont fermées jusqu’aux beaux jours. La chapelle Notre-Dame-du-Roc, située en surplomb, surveille la torpeur de la ville.
Les Haulbert nous avaient prévenus. Dans le coin, on est plutôt taiseux.
Quand on interroge un groupe d’hommes aux tempes grisonnantes, rencontrés à l’Étape, un des seuls bars ouverts ce mercredi matin de février, impossible d’apprendre quelque chose de nouveau sur l’affaire.
Oui, bien sûr, ils voient bien qui sont Lise et Philippe Haulbert , et oui, ils connaissent l’histoire de la disparition de Mathieu. Ils évoquent également Georges Laugier, l’enfant du pays, un temps suspect numéro un. Ils n’en diront pas plus. Lise et Philippe Haulbert ne sont pas du sérail.
Les Parisiens, qui travaillaient respectivement au Conservatoire national des arts et métiers et comme programmeur informatique venaient régulièrement en vadrouille dans le Verdon. « Et la région nous plaisait tellement qu’on a décidé de changer de vie » retrace Philippe Haulbert . Ils s’installent avec le petit Mathieu, portés par le mouvement de retour à la terre qui a marqué la France dans les années 1970. Ils trouvent la parcelle de la Bâtie à Peyroules située à quelques kilomètres de Castellane. Ils cumulent activités agricoles et chantiers. « Petit à petit, après des travaux de maçonnerie, puis une première, une deuxième et une troisième vache, on a fini par s’installer. » Les dernières heures Autour de la table en bois de la véranda, le couple décortique chacune des dernières heures passées avec Mathieu, le samedi 25 juin 1983.
La veille de sa disparition, dans la soirée, Philippe et lui se rendent à un tournoi de ping-pong à Castellane. Le petit garçon part ensuite jouer avec des enfants de son âge et tarde à revenir. L’inquiétude Lise et Philippe Haulbert monte, jusqu’à ce qu’une trentaine de minutes plus tard, Mathieu réapparaisse. « Il discutait avec un gars qui faisait le tour d’Europe à vélo », raconte son père. Le lendemain, pendant que Mathieu doit rejoindre la transhumance, les parents Haulbert travaillent sur un chantier à Peyroules.
En rentrant sur les coups de 19 h, Lise appelle à plusieurs reprises le berger Robert Ricard pour avoir des nouvelles. L’homme décroche finalement et, surpris, annonce que Mathieu n’est jamais arrivé jusqu’à sa ferme. Le berger ne s’était pas inquiété outre mesure : les parents de Mathieu étaient passés le voir vers midi, ce samedi, pour lui dire qu’ils n’étaient pas certains que le petit garçon le rejoigne. Philippe , lui, discute pendant ce temps-là avec Georges Laugier, un voisin, à quelques pas de la maison. « On a tout de suite su que c’était quelque chose de grave » La nuit tombe et Mathieu n’est pas rentré. Le voisin leur propose immédiatement de se rendre en voiture au lieu de rendez-vous que devait rallier Mathieu. Ils se rendent ensuite à la gendarmerie de Castellane, quelques centaines de mètres plus bas, pour signaler la disparition. Des recherches sont lancées directement avec la sécurité civile, les pompiers et un chien pisteur. Des habitants du coin se joignent aux fouilles, sans succès. Le dimanche, une demande de diffusion nationale est transmise par la gendarmerie.
Le lundi, un fort orage éclate sur la région et contraint à l’arrêt des recherches durant trois jours. Toujours aucune trace de l’enfant. « On a tout de suite su que ce n’était pas une fugue, que c’était quelque chose d’inquiétant, quelque chose de grave », se souvient Philippe Haulbert . L’enquête est ouverte pour disparition d’enfant. Le 1er juillet, une information est ouverte pour « enlèvement par fraude ou violences d’un mineur de moins de 15 ans ».
« On laisse tout tomber, on court »
Comme souvent dans les disparitions d’enfants, les gendarmes s’intéressent au couple Haulbert . « Ils pensaient qu’on n’était pas très clairs par rapport à notre situation. Quand nous nous sommes installés ici, nos conditions étaient assez précaires. Nous étions considérés comme des marginaux », retrace Philippe Haulbert . « On était des hippies », ironise sa femme. La greffe ne prend pas vraiment non plus avec les gens du coin. « On n’a jamais été accepté », assure Philippe Haulbert .
Le samedi 9 juillet 1983, alors que Lise et Philippe sont dehors, en train de faire du foin, le téléphone sonne. Une sœur de Lise, présente au domicile du couple, décroche. Dans le combiné elle entend une voix d’enfant dire : « Allô, c’est Mathieu. » « On laisse tout tomber et on court », revit Philippe Haulbert . Mais entre-temps, l’interlocuteur a raccroché. « J’ai téléphoné directement à la brigade ». Les gendarmes préfèrent attendre l’arrivée du juge d’instruction, le lundi suivant, raconte Philippe Haulbert . Arrive le début de semaine et le juge ne semble pas faire de l’appel une priorité, raconte le père de Mathieu. « À tel point que j’ai fini par péter les plombs. Je suis allé à la brigade et je suis rentré de force dans son bureau. À partir de là, c’était terminé. Plus personne ne nous parlait. »
« Regardez bien ce visage »
Philippe Haulbert pointe sur une carte les endroits d’intérêts dans l’enquête sur la disparition de son fils, Mathieu.
Quelques jours plus tard, le 22 juillet, deux femmes, vendeuses dans une chocolaterie de Cannes, voient entrer dans la boutique un enfant accompagné d’un homme au comportement inquiétant. Le petit garçon semble mal à l’aise. Quelques heures plus tard, l’une des deux femmes prend le bus et voit le portrait de Mathieu diffusé dans la région. Elle est persuadée de reconnaître l’enfant venu plus tôt dans sa boutique. Elle est entendue par les gendarmes de Digne. Rien n’en ressort de concluant. « À l’époque, rien n’était mis en place lors des disparitions d’enfants. Il n’y avait pas d’affiches aux frontières, Il n’y avait rien, rien, rien et personne n’était prévenu », raconte Lise Haulbert . Pour ne pas laisser la disparition de Mathieu s’ajouter à la liste des faits divers oubliés, sa famille crée une association, SOS-Enfants disparus, avec la famille de John Berte, disparu lui à Théoule-sur-Mer (Alpes-Maritimes) en novembre 1982. Ils entrent en contact avec France Rail, qui affiche le visage de Mathieu dans les gares et les stations de métro à travers l’hexagone. « Regardez bien ce visage, gravez ses traits dans votre mémoire », implore le texte, suivi d’un numéro de téléphone. Il y aura bien une tonne de courriers, des appels, des pistes, fantaisistes parfois, mais aucun élément concluant.
« Pourquoi demander un alibi quand on n’a rien à se reprocher ? »
En mai 1987, l’enquête prend un nouveau tournant. Le dossier est confié par Jean-Louis Hérail, juge d’instruction de Digne-les-Bains, à la Section de recherche d’Aix-enProvence. Deux officiers de police judiciaire commencent alors à travailler en binôme sur le dossier irrésolu : Léopold Dol et Hervé Leclerc.
( Nota précision ajoutée à cet article : Ce binôme va enquêter du 3 mars 1987 au 31 mai 1988, main dans la main. Le 1er juin 1988 promu adjudant Hervé Leclerc a été muté dans une autre unité. Il n'aura plus accès à la procédure avant janvier 1992 pour les assises !- Le gendarme DOL se voit affecté à une autre enquête dans le même service.
L'enquête qui se trouve donc décapitée est reprise selon ce qui est écrit dans une procédure par le major Bernard Gonzalez et selon les pièces de cette procédure par le mdl/chef Bodet Evelyn jusqu'à la clôture en décembre 1988.
Le procès-verbal de synthèse est lui au nom du chef d'escadron Loïc Cormier, commandant la SR aixoise qui en signant le document, se déclare directeur de l'ensemble de l'enquête.
Cet additif revêt une particulière importance et ne doit pas être perdu de vue notamment pour les dates 31 mars 1987 au 31 mai 1988 et ensuite du 1er juin 1988 à la fin décembre 1988)
Ils examinent plusieurs pistes, dont la fugue, l’enlèvement, ou encore l’accident. Et les enquêteurs, avec leur regard nouveau, trouvent que quelque chose ne colle pas dans l’alibi qu’a fourni Georges Laugier au moment de la disparition de Mathieu. Jusqu’alors son ami Christian Maréchal, garagiste à Cannes, régulièrement de passage dans la région, affirmait qu’il était avec lui à Peyroules au moment où le petit garçon a disparu. Léopold Dol, désormais chef d’escadron honoraire, raconte à Ouest-France : « C’est moi qui ai percuté, parce qu’il disait qu’ils jouaient aux boules ensemble à ce moment-là. En début d’après-midi, en plein soleil. Alors je suis allée au même endroit, sur la place, et j’ai vu qu’il n’y avait pas un brin d’ombre, aucun moyen de jouer. Quelque chose clochait. »( A 1 en dessous de l'article )
En prenant connaissance des pièces de procédures datant des premiers mois d’enquête, les gendarmes de la Section de recherche d’Aix remarquent que des témoins ont vu passer Laugier dans sa DS bleue sur l’itinéraire emprunté par Mathieu à l’heure à laquelle il était censé se trouver avec Maréchal. Le 16 mai 1988, Georges Laugier et Christian Maréchal sont interpellés et placés en garde à vue. La version de ce dernier change. Laugier n’était pas avec lui au moment où Mathieu a disparu. De plus, le dimanche 26 juin 1983, au lendemain de la disparition, son ami lui aurait demandé avec une attitude menaçante de lui fournir un alibi pour la veille. « C’est ce qui fait de Laugier un suspect idéal : pourquoi demander un alibi quand on n’a rien à se reprocher ? » commente Bernard Gonzales, à l’époque capitaine de gendarmerie, qui participera à l’enquête. Au même moment, Georges Laugier est en garde à vue face à Léopold Dol. Ce dernier passe 48 heures face à un homme qui ne parle presque pas. « Un ours du coin, qui vivait comme un vieux célibataire dans sa maison de campagne, insensible », décrit l’ancien membre de la section de recherche. Laugier admettra finalement s’être trouvé sur la route Napoléon en même temps que Mathieu. « Pendant le créneau durant lequel l’enfant devait se trouver sur son itinéraire, Laugier y était également », résume Bernard Gonzales. Mais le suspect assure ne pas avoir vu Mathieu et n’avoir rien à voir avec sa disparition.
Un cheveu, un pansement, mais pas d’ADN D’autres éléments s’accumulent.
En décembre 1987, après la saisie de la DS bleue de Laugier, une boîte de rustines de vélo, des cheveux blonds, ainsi qu’un pansement taché de sang sont retrouvés dans le coffre par les experts. « Or il faut savoir que Mathieu, juste avant sa disparition s’était blessé à un doigt et sa mère nous avait dit qu’elle lui avait fait un pansement », détaille Gérard Gonzales. Aucun ADN ne peut être extrait du pansement ou des cheveux.
Fin mai 1988, les gendarmes, à l’aide d’une pelleteuse, creusent le sol d’une dépendance de sa maison, pour laquelle il avait coulé une chape de béton après la disparition de Mathieu. Sans succès. Au troisième jour des fouilles, le suspect tente de mettre fin à ses jours en se coupant les veines.
Les chocolatières sont réentendues par la Section de recherche d’Aix. On les soumet à un « tapissage », une technique consistant à montrer aux témoins un échantillon de photos d’hommes, parmi lesquelles sont glissées des personnes jugées dignes d’intérêt dans une enquête. Cette fois-ci, elles reconnaissent Christian Maréchal, le garagiste de Cannes. Tous ces éléments forment « un faisceau de présomptions non négligeables », selon l’expression de Bernard Gonzales, sans toutefois prouver la culpabilité de Georges Laugier, qui sort après quinze mois de détention provisoire en septembre 1989. « Quand il a été libéré, ça a été l’hystérie. On était vraiment en première ligne, traités comme des accusateurs, des salauds. Là, ça a été vraiment dur », affirme Philippe Haulbert . Bernard Gonzales note : « Vous savez, c’est une région un peu particulière. Les gens sont assez frustes. C’est vrai qu’il est difficile de se faire accepter.
Les époux Haulbert ont subi cette ambiance. Les gens avaient plutôt tendance à prendre fait et cause pour Laugier plutôt que pour les parents. » Une atmosphère pesante pour le couple. La maison de Laugier, celle des Haulbert , le terrain de jeu de boules, le col de Luens, la gendarmerie de Castellane… Les endroits clés de l’enquête tiennent dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres, un mouchoir de poche.
« Acquitté »
En janvier 1992 vient le temps du procès, qui se déroule à la Cour d’assises des Alpes de-Haute-Provence. Les Haulbert sont défendus par Me Philippe Lemaire, George Laugier par Dominique Bayetti et Gilbert Collard.
Un procès pour meurtre sans corps, ni mobile, ni aveux.
Cinq jours d’audience durant laquelle flotte un malaise.
Christian Maréchal fait des déclarations qui semblent contradictoires, comme le note Dominique Conil, journaliste pour Libération, qui le cite dans son récit du procès : «« monsieur le président, je suis loin de penser que Laugier est coupable »», dit-il encore. Mais il dit aussi : « En 85, Laugier m’a dit : pour le petit Mathieu, je suis dans le coup. Tu ne changes rien à ce que tu as dit. »
Il dit avoir subi la pression des gendarmes durant son interrogatoire. Georges Laugier nie toujours.
Il ne donne que peu de réponses, justifie son faux alibi par la peur. Mais même face à ces silences, les éléments à charge du dossier ne pèsent pas lourd. Le sang retrouvé sur le pansement est de groupe O : le groupe de Mathieu, certes, mais également celui de l’accusé. Lors de la dernière journée d’audience, coup de théâtre. « Tout s’est joué à un cheveu », ironise Gilbert Collard. La veille, Loïc le Ribault, expert judiciaire en microanalyse, était venu déposer devant la cour et présenter ses conclusions quant au cheveu blond retrouvé dans la voiture de l’accusé. Après l’avoir comparé à d’autres retrouvés sur le pull du petit garçon, il avait conclu que celui-ci pouvait vraisemblablement appartenir à Mathieu. « En rentrant chez lui, l’expert écoute Radio Monte-Carlo et le chroniqueur judiciaire de la station raconte que la mère de la victime avait été conduite par Laugier dans son véhicule » retrace l’avocat et eurodéputé élu sous l’étiquette du Rassemblement national.
Le 25 juin 1983, Lise Haulbert était montée dans la DS de Georges Laugier pour aller chez le berger, puis à la gendarmerie. Elle aurait pu transporter le cheveu et le déposer, sans s’en rendre compte, dans l’habitacle. L’expert appelle dans la nuit le président de la Cour pour lui faire part de ses doutes quant à son analyse, à la lumière de ce nouvel élément. Le président en informe les avocats des deux parties, les jurés, et rend l’information publique. « Le seul élément à charge disparaissait », juge Gilbert Collard.
Le 17 janvier, à 21 h, après deux heures de délibéré, la cour rend son jugement : « Acquitté. »
Des cris de joie se font entendre dans la salle, rapportent les médias présents. À l’époque, il n’est pas possible pour les parties civiles ou les accusés d’interjeter appel d’un verdict de cour d’assises. C’est seulement en 2000, une fois la réforme Guigou appliquée, que l’appel sera permis aux accusés et aux parties civiles. George Laugier sort libre et innocent du tribunal de Digne-les-Bains.
La piste d’une secte En juin 1993, l’enquête reprend. La cour d’appel d’Aix-en-Provence ordonne un complément d’informations, visant les chefs « d’enlèvement par fraude ou par violence d’un mineur de moins de 15 ans, séquestration de personne et complicité ». La piste de l’enlèvement de Mathieu par une secte, qui avait été envisagée sans être creusée par les enquêteurs, puis évoquée par Gilbert Collard lors du procès de Georges Laugier, permet à la justice de rouvrir le dossier. L’information s’étale dans la presse et dans les JT. Philippe Haulbert, dans sa maison à Peyroules, le 14 février 2023.
Mathieu Haulbert disparu en 1983 La secte belge Ogyen Kunzang Chöling (OKC), intéresse les enquêteurs. Son fondateur, Robert Spatz, a été condamné en 2020 pour des faits d’abus sexuels sur mineurs, de prise d’otage ou encore d’emprise.
En 1974, l’organisation s’implante en France au « Château-de-soleils », dans la montagne au-dessus de Castellane. Elle y a installé un « centre d’étude », où vivent des adolescents et des enfants. « C’est une communauté où il y avait des enfants et pas forcément les parents », croit savoir Philippe Haulbert .
« C’était une piste possible parce que lorsque nous sommes arrivés dans la région, on avait prêté un motoculteur à quelqu’un de cette secte-là, et je suis allé le rechercher, donc on est allés une fois là-bas. On avait d’autres amis d’amis aussi, qui habitaient le village juste à côté, qui connaissaient Mathieu, qui nous connaissaient nous, donc ça faisait éventuellement un lien possible. » En 1997, des opérations d’envergure internationale ont lieu contre la secte. Le « Château-de-soleils » est fouillé et les enquêteurs en profitent pour opérer des vérifications quant à la disparition de Mathieu. Mais cette piste est un cul-de-sac, indique Bernard Gonzales, qui travaillera encore sur l’enquête après l’acquittement de Laugier. « Ça avait été envisagé, mais ça n’avait pas tenu l’enquête. Vous savez, quand on est dans l’inconnu, toutes les pistes envisageables sont exploitées. »
Un tueur en série ?
Depuis, l’enquête n’a jamais été close. Les enquêteurs de L’office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) ont mené des actes d’enquête, sans succès. Ce début d’année 2023 marque une nouvelle étape, pour le dossier : le 21 février, la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence a ordonné son dessaisissement dans l’affaire au profit du pôle de Nanterre dédié aux cold cases. Nouvelle juge d’instruction, nouveau souffle pour l’enquête ?
Si les Haulbert n’ont jamais vraiment oublié la piste Laugier, ils espèrent toujours que le corps de Mathieu sera retrouvé, comprendre ce qui est arrivé à leur fils, « peu importe que le coupable soit là ou pas. »
Des questions demeurent : pourquoi Mathieu a-t-il laissé son fouet à côté de son vélo ?
Pourquoi a-t-il dit aux témoins croisés ce jour-là se rendre à un anniversaire ?
Comptait-il vraiment rejoindre la transhumance ?
Des analyses ADN pourraient aussi être effectuées, notamment sur le vélo de l’enfant, qui fait partie des scellés conservés durant ces décennies d’enquête. Si la piste locale n’est pas oubliée, Didier Seban, avocat de la famille, souhaite également que la justice dézoome et que le dossier de Mathieu soit rapproché d’autres affaires ayant eu lieu en France. Il évoque notamment le dossier des disparus de l’Isère, qui regroupe neuf disparitions ou meurtres d’enfants survenus dans le département entre 1980 et 1996. Des dossiers désormais entre les mains du pôle de Nanterre.
En mars 1983, quelques mois avant la disparition de Mathieu, Ludovic Janvier, 6 ans, s’est volatilisé à Saint-Martin- d’Hères, commune limitrophe de Grenoble. Il n’a toujours pas été retrouvé. En juillet de la même année, Grégory Dubrulle, âgé de 7 ans, est enlevé devant chez lui à Grenoble puis laissé pour mort à Pommiers-la-Placette, a une vingtaine de kilomètre de son domicile. Son agresseur n’a jamais été authentifié. Enfin, Fabrice Ladoux, 12 ans, a été enlevé le 13 janvier 1989 entre son domicile et son collège à Grenoble, et retrouvé mort quelques jours plus tard dans le massif de la Chartreuse. Dans le cadre des investigations menées par Nanterre, le corps de l’enfant a été exhumé au début du mois de mars 2023 pour procéder à des expertises ADN et réaliser un nouvel examen médical.
Didier Seban commente : « Il y a eu à cette période-là une série de meurtres de petits garçons, d’agressions de petits garçons en Isère, et on n’est pas si loin, géographiquement » des Alpes-de-Haute-Provence. De plus, « le logiciel Système d’analyse des liens de la violence associée aux crimes (Salvac) a d’ailleurs fait un lien entre ces affaires et celle de Mathieu Haulbert ».» Des profils de criminels déjà sous les barreaux semblent particulièrement intéressants selon lui, « comme celui de Michel Peiry ». Ce tueur suisse, appelé « le sadique de Romont », a tué cinq personnes entre 1981 et 1987. Un autre homme retient particulièrement l’attention de Didier Seban : Willy Van Coppernolle. La cour d’assises du Gard a condamné cet ancien légionnaire à la prison à perpétuité en mars 1995 pour avoir enlevé et tué à Remoulins un petit garçon de 11 ans. Elle l’a également reconnu coupable du viol de deux adolescents.
Le pôle cold cases de Nanterre retrace d’ailleurs le parcours criminel de ce dernier, pour tenter d’identifier de potentielles autres victimes. Van Coppernolle fait partie de ceux que l’ex magistrat Jacques Dallest nomme des « criminels itinérants ». Aurait-il pu se trouver dans les Alpes-de-Haute-Provence lorsque Mathieu Haulbert a disparu ?
Didier Seban le 2 février dans son bureau à Paris 40 ans le 25 juin prochain
Le 25 juin 2023 marquera les quarante ans de la disparition de Mathieu. George Laugier est mort en février 2022. Marine et Thomas, leurs deux autres enfants nés après la disparition de Mathieu, ont grandi ici puis ont quitté Peyroules. Lise et Philippe ont pris leur retraite. Pourquoi les Haulbert n’ont-ils pas laissé derrière eux cette maison imprégnée du souvenir de Mathieu et de sa disparition ? « Et pourquoi serions-nous partis ? », interroge en retour le père. « Quand on est arrivés ici, on n’avait pas de courant, on n’avait pas l’eau, on a tout construit. Et Mathieu était là, Mathieu en a fait partie. Ici, c’est l’endroit où il a vécu et c’est l’endroit où l’on doit rester. »
Jeanne NICOLLE-ANNIC.
Disparition de Mathieu Haulbert : le dossier va être repris par le pôle « cold cases » de Nanterre (ouest-france.fr)
RÉCIT. Un voisin, un tueur en série… 40 ans après, la disparition de Mathieu Haulbert est une énigme (ouest-france.fr)
( A.1) NOTA - Un très bon article bien documenté. Il n'y aurait que 2 ou 3 points concernant l'enquête des gendarmes à modifier ou à préciser, par exemple voici la véritable explication sur les éléments qui ont permis 4 années après la disparition de démolir l'alibi fourni à Georges LAUGIER par Christian MARECHAL :
"( A.1.) " Dans un procès-verbal d'audition de témoin, n° 478 pièce 10, daté du 27 juin 1983 à 17 heures, trois jours après la disparition de Mathieu, Mme P. M. décrit plusieurs trajets d'un véhicule DS bleu conduit par un homme brun et de corpulence forte qui regardait droit devant et semblait hautain .../... Elle n'indique pas le nom du conducteur, mais ajoute que « plus tard, elle a vu Philippe dans la DS bleue avec le même conducteur ».
Philippe étant le père de Mathieu, il était enfantin d'identifier le conducteur.
En déclarant je ne connais pas le nom du conducteur, mais en indiquant son signalement et en précisant le nom du passager, le lieu et le moment du passage du véhicule, ainsi que sa marque, c'était désigner de façon certaine celui-ci.
Cet élément était important, puisque Georges LAUGIER avait toujours affirmé qu'il avait passé l'après midi à jouer aux boules. Cet élément venait démolir son alibi, qui fourni par Christian MARECHAL qui avait tenu 4 années.
Il est encore écrit « Son mari est venu confirmer ses dires »
Le problème est ici de même nature. Ce mari P.G. a lui aussi été entendu par le gendarme BARE Serge. le 27 juin 1983 à 16 heures 30, P.V. n° 478 pièce 9, de la brigade de CASTELLANE. Il a déclaré en substance :
Qu'il avait vu passer une Citroën DS bleue roulant à vive allure mais qu'il ne connaissait pas le conducteur. Il a toutefois revu l'homme le lendemain et appris qu'il s'agissait du surnommé TARZAN.
Il n'y avait donc aucun doute sur l'identité du conducteur concerné. Le mari confirme et complète le témoignage de son épouse".
Impossible de ne pas constater que ces auditions prises juste après la disparition n'ont pas été suffisamment exploitées. Plus de 4 années perdues avec forcément déperdition des éventuelles preuves.
Mots clés : - " Mathieu Haulbert "
" Pôle des crimes sériels et affaires non résolues Nanterre "
" Alpes de Haute Provence "
Publication à l'occasion de la journée internationale des enfants disparus le 25 mai 2025 sur le site Facebook de Police Nationale
QUE S'EST IL PASSE LE 25 JUIN 1983
SUR LA ROUTE NAPOLEON
ENTRE LA BÂTIE DE PEYROULES ET CASTELLANE
C'est la question posée page 137 de Crimes sans chatiment
par M. Jean-Yves Thélène, journaliste,
qui a suivi plus de 300 procès d'assises et de correctionnelle
et traité plus de 1500 faits divers.
Ce livre peut être trouvé sur le marché de l'occasion.
MYSTERE AUTOUR DE LA DISPARITION
DU PETIT Mathieu HAULBERT
Ce reportage a le mérite d'exister et de rappeler les faits
Ici l'image montre l'itinéraire du petit Mathieu Haulbert disparu en juin 1983 entre LA BATIE DE PEYROULES et le COL DE LUENS sur la route Napoléon ( Région de Castellane Alpes-de-Haute-Provence ) L'endroit indiqué DISPARITION est situé 2 ou 300 mètres avant le col de Luens et peut être plus proche encore du col de Luens ou se trouvaient 3 personnes qui disent ne pas avoir vu passer Mathieu. L'enquête est toujours active. Le pôle Cold Case de Nanterre est saisi de l'instruction du dossier.
COUR D'ASSISES de DIGNE-LES-BAINS JANVIER 1992
Disparition du petit Mathieu HAULBERT, 10 ans, près de Castellane (04)
Un des nombreux articles de presse
Georges LAUGIER acquitté par la Cour d'assises de Digne-les-Bains
Disparition du petit Mathieu HAULBERT, 10 ans, près de Castellane (04)
Entre La bâtie-de-Pryroules et La Garde
DIGNE-les-BAINS - Cour d'assises - janvier 1992
COMMENTAIRES A PARTIR DE CET ARTICLE ET D'AUTRES
In dubio pro reo
est un adage latin qui se traduit en français par “dans le doute, le juge doit trancher en faveur de l'accusé“. En évoquant in dubio pro reo, on parle aussi souvent de “bénéfice du doute” ou du fait que “le doute doit profiter à l'accusé“.
« Le président adresse aux jurés, debout et découverts, le discours suivant : "Vous jurez et promettez d'examiner avec l'attention la plus scrupuleuse les charges qui seront portées contre X..., de ne trahir ni les intérêts de l'accusé, ni ceux de la société qui l'accuse, ni ceux de la victime ; de ne communiquer avec personne jusqu'après votre déclaration ; de n'écouter ni la haine ou la méchanceté, ni la crainte ou l'affection ; de vous rappeler que l'accusé est présumé innocent et que le doute doit lui profiter ; de vous décider d'après les charges et les moyens de défense, suivant votre conscience et votre intime conviction, avec l'impartialité et la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre, et de conserver le secret des délibérations, même après la cessation de vos fonctions".
L’arrêt d’acquittement prononcé pouvait difficilement être autre, en respect de ce serment et de l’état du dossier en janvier 1992.
Mais pourquoi y a t il eu un refus de supplément d’information, qui paraissait s'imposer ?
SUITE DU TEXTE PROVISOIREMENT SUPPRIME
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L'assassin d'enfants Werner Ferrari est mort en prison à 78 ans
Dans les années 1980, une série de 11 meurtres brutaux d’enfants a semé la terreur dans toute la Suisse. Il a fallu neuf ans à la police pour arrêter Werner Ferrari, qui a été reconnu coupable et condamné en 1995 à la prison à vie pour cinq des meurtres. En 2007, il a été acquitté dans l’une des affaires.
Condamné, puis libéré
Werner Ferrari a fait sa première victime en août 1971 à Reinach (BL). Un week-end de fête au village, il abuse du petit Daniel âgé de 10 ans, avant de l'étrangler. Il est rapidement arrêté après s'être intéressé de trop près aux recherches entreprises par les autorités pour retrouver l'enfant.
Condamné à 12 ans de prison en 1972, il est libéré pour bonne conduite en août 1979. Une fois sorti, il recommence à tuer dans les cantons de Zurich, d'Argovie et de Soleure, sans être inquiété par la police, qui n'arrive pas à le démasquer. Il est finalement arrêté en août 1989 après le meurtre d'une fillette.
Werner Ferrari a alors avoué une série d'assassinats d'enfants commis entre 1980 et 1989, qui ont plongé la Suisse dans la peur. Il a toujours nié, cependant, l'un de ces cinq crimes, commis en mai 1980 à Würenlos (AG). En 2003, la Cour suprême argovienne a admis une demande de révision de ce procès. En 2007, le Tribunal de district de Baden a acquitté l'assassin de ce crime-là.
IL FAUT AJOUTER : ( Michel PEIRY a "opéré" dans plusieurs pays dont la France
Michel Peiry, surnommé « le sadique de Romont », est un tueur en série suisse né le 28 février 1959 dont les crimes sont commis entre 1981 et 1987.
Décrit alors comme le pire tueur en série connu en Suisse depuis la Seconde Guerre mondiale, dix meurtres lui sont attribués selon le mode opératoire suivant : prendre de jeunes adolescents en auto-stop, les attacher, les violer ou leur faire subir des actes sexuels, les tuer et finalement brûler leur cadavre. Ces crimes bouleversent la Suisse entière durant de nombreux mois et même au-delà puisqu'en 2004, plus de quinze ans après les faits, le sadique de Romont est revenu dans le débat lorsque le peuple a dû se prononcer sur l'initiative populaire « Internement à vie pour les délinquants sexuels ou violents jugés très dangereux et non amendables ».